Acquittée du harcèlement d'une procureure

Le palais de justice de Gatineau... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le palais de justice de Gatineau

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Une «situation tendue» qui perdure au palais de justice de Gatineau a débouché sur un procès, puis sur l'acquittement d'une femme accusée d'intimidation et du harcèlement criminel d'une procureure de la Couronne, jeudi.

L'accusée, Manuela Gonzalez, s'est défendue d'avoir été menaçante envers la procureure en question, Me Frédérique Tremblay.

En trame de fond de cette histoire: celle du fils de l'accusée, Francis Cormier, lui-même détenu en attendant son procès pour voies de fait grave.

Le refus de la cour de libérer provisoirement M. Cormier, en 2014, a affecté sa mère au point où elle s'est adressée directement à la procureure de la Couronne au dossier, Me Tremblay.

Appelé de l'extérieur de la région, le juge Serge Boisvert a cru les deux protagonistes, mais a estimé que le ministère public ne s'était pas libéré du fardeau de la preuve. Devant le doute, le magistrat a acquitté Mme Gonzalez.

La mère dit avoir été «anéantie, sous le choc» devant de telles procédures contre son fils.

Qualifiant la situation de «tendue» au palais de justice, Me Tremblay dit s'être sentie harcelée, alors qu'elle a été confrontée à trois reprises par Mme Gonzalez. La mère s'était adressée une première fois à la procureure, dans un ascenseur, pour lui expliquer qu'elle se sentait jugée. Par la suite, Me Tremblay dit avoir été insultée dans les escaliers du palais de justice. Mme Gonzalez aurait lancé à MTremblay: «Tu vas toujours être une avocate minable.» Mme Gonzalez a nié ces allégations.

Enfin, à la sortie d'une salle de cour, Mme Gonzalez aurait chuchoté à Me Tremblay «bravo, ma quérulente», ce à quoi Me Tremblay a répliqué en haussant le ton: «Ça va faire, je fais une plainte.»

Selon la plaignante, Mme Gonzalez lui aurait fait penser à «une actrice de théâtre amateur» en répondant qu'elle ne lui avait rien dit.

Le juge Boisvert a indiqué que des témoignages de membres de la famille de l'accusée corroboraient la version de celle-ci, mais il s'est aussi dit d'avis que les incidents avaient bel et bien eu lieu. «Mais le fardeau de la poursuite est plus lourd, a expliqué le juge Boisvert. La parole d'un avocat n'a pas plus de poids que d'autres. Je ne suis pas convaincu que les paroles constituent des menaces. Ce sont des paroles disgracieuses. La Couronne (Me Tremblay) faisait sa job. Elle n'a pas à subir des grossièretés.»

Le juge a écarté l'intention de l'accusée de menacer ou de porter atteinte à la sécurité de la procureure Tremblay.

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