Fermeture du centre Mélaric: casse-tête en Outaouais

Le centre de désintoxication Mélaric, à Saint-André d'Argenteuil... (Courtoisie)

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Le centre de désintoxication Mélaric, à Saint-André d'Argenteuil

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Une dizaine de détenus de l'Outaouais qui avaient temporairement élu domicile au centre de désintoxication Mélaric, à Saint-André d'Argenteuil, pour y soigner leur dépendance aux drogues ou à l'alcool ont dû passer au «système D».

L'établissement a annoncé sa fermeture surprise mardi matin.

Le système judiciaire prévoit qu'un détenu ayant un problème de consommation peut entreprendre une thérapie au lieu d'aller directement derrière les barreaux. Mardi matin, ces personnes ont dû se constituer prisonniers, puisqu'ils n'avaient nulle part où aller. D'autres n'ont pas donné de nouvelles et demeuraient introuvables.

Quelques clients proactifs et bien intentionnés ont pu dénicher une chambre, comme cela a été le cas au pavillon Hamford, à Lachute. D'autres, «libérés» par la force des choses, étaient introuvables mardi soir. Des mandats d'arrestations ont été lancés, entre autres depuis le palais de justice de Gatineau, alors que des clients ne se sont pas présentés en cour.

En fin de journée, le juge Jean-François Gosselin, de la Cour du Québec, a indiqué, lors de la comparution d'un client de Mélaric, que la magistrature avait elle aussi été informée de la situation le matin même - tout comme les employés du greffe. Le système judiciaire est aussi passé au «système D».

Dans un cas particulier, le procureur de la Couronne François Santerre et l'avocat de la défense Jacques Belley ont proposé un arrangement de dernière minute au juge Gosselin. Un des patients mis à la porte de Mélaric, Éric, a obtenu la permission spéciale d'être reconduit par une proche au centre de Lachute, plutôt que d'être accompagné par les services carcéraux ou les policiers. Ce client semblait avoir la confiance de la cour. «[Mercredi], vous allez voir d'autre monde comme moi, ici», a dit l'homme.

«Il y a des patients au poste de la Sûreté du Québec à Lachute, d'autres au palais de justice de St-Jérôme, a résumé Me Belley. De là, il va y avoir un dispatch.» Certains pourraient passer la nuit au poste... ou en prison.

En fermant, le centre Mélaric n'a eu d'autre choix que de mettre 72 personnes au trottoir - et de procéder à près d'une vingtaine de mises à pied.

«Ce sont 72 personnes avec des bagages pour deux, trois, quatre mois. Ça fait beaucoup de paquets dans un seul poste de police. Ça va avoir plus l'air d'un aéroport que d'autre chose», a commenté Me Belley devant le juge.

La fermeture du centre Mélaric intervient à la suite de l'annonce, l'an dernier, d'une importante réforme du programme québécois d'aide sociale.  Dans un communiqué émis mardi matin, l'institution vieille de 32 ans dit ne plus avoir les «liquidités financières pour continuer ses opérations» dans un tel contexte.

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