Allégations de corruption à l'Hôpital d'Ottawa

L'Hôpital d'Ottawa accuse deux anciens employés d'avoir accepté... (Etienne Ranger, LeDroit)

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L'Hôpital d'Ottawa accuse deux anciens employés d'avoir accepté plusieurs pots-de-vin de la part d'entrepreneurs en construction en échange de l'octroi de contrats.

Etienne Ranger, LeDroit

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La corruption aurait gangrené l'Hôpital d'Ottawa avec le concours malsain d'entrepreneurs en construction et de deux ex-employés de l'établissement de santé, selon une poursuite coup-de-poing déposée cette semaine en Cour supérieure de l'Ontario.

Voyage en Colombie-Britannique, excursion en Californie, escapade à Montebello pour une partie de pêche au Fairmount Kenauk, factures occultes et travaux de rénovation personnels... Au moment où la Commission Charbonneau tirait à sa fin au Québec, une histoire parallèle s'écrivait en Ontario.

L'Hôpital d'Ottawa accuse deux anciens employés d'avoir accepté plusieurs pots-de-vin de la part d'entrepreneurs en construction en échange de l'octroi de contrats, en 2015. «Les anciens employés ont permis (aux entrepreneurs) d'avoir une influence considérable sur l'offre, de retenir les compétiteurs favoris des entrepreneurs, d'exclure les autres, d'inviter un nombre limité de soumissionnaires, sur une base stratégique, afin de manipuler les appels d'offres», lit-on dans la requête.

L'Hôpital réclame des dommages exemplaires de 250 000$, mais surtout une injonction de la cour pour empêcher les hommes d'affaires pointés du doigt de profiter du fruit de leurs manigances présumées.

Les allégations n'ont pas encore été prouvées devant le tribunal.

Sur la sellette

Selon la requête, Frank Medwenitsch, ex-chef des installations hospitalières et de la planification, et Brock Marshall, ex-directeur de l'ingénierie et des opérations, auraient agi de concert avec des entrepreneurs ayant tous obtenu des contrats avec l'établissement public.

Il s'agit de Gerard Dubé, de DRS Construction; Larry St-Pierre, de Federal Electric; Guy Adrian LaPierre, de GAL Power Systems Ottawa; ainsi que Roch St-Louis, de Pro Management Construction et d'Ottawa Diamond Construction.

L'hôpital allègue que les deux ex-employés, dont les salaires dépassaient les 100 000$, permettaient aux entrepreneurs de connaître les soumissions de leurs concurrents. Ils ajustaient ainsi leurs prix à la baisse et obtenaient les contrats de rénovation et d'entretien auprès de l'institution.

Un des employés de l'hôpital aurait été invité à approuver des factures d'un demi-million de dollars pour des travaux «dont personne ne se souvient», selon un courriel inclus dans la requête.

Le document de la cour indique que Frank Medwenitsch a négocié l'embauche de ses deux filles chez deux firmes présumément impliquées. Une partie de la facture payée par l'hôpital était détournée par les compagnies pour assurer le salaire d'au moins l'une d'elles.

«De 2014 jusqu'à la suspension de M. Medwenitsch de l'hôpital en 2015, Federal Electric a employé la fille de M. Medwenitsch, Katrina Haucke [...], en tant qu'adjointe administrative et à la comptabilité. M. Medwenitsch a pris les arrangements sans que sa fille en ait connaissance ou soit impliquée. Federal Electric a ensuite profité d'une hausse des factures afin de payer partiellement la fille de M. Medwenitsch. En août 2014, M. Medwenitsch a envoyé un texto à Federal Electric: "1280$ des 6300$ va à Katrina - le reste va au projet."»

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