L'«ado meurtrier» de retour en prison

Marc Binette est de retour derrière les barreaux... (Courtoisie)

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Marc Binette est de retour derrière les barreaux pour violence conjugale.

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Meurtrier à 15 ans et évadé à 19 ans, un résident de Notre-Dame-du-Laus aujourd'hui âgé de 28 ans est de retour derrière les barreaux pour violence conjugale.

Marc Binette, qui était l'adolescent complice du crapuleux meurtre du couple Robert et Bonnie Dagenais, en 2002, à Val-des-Monts, risque cette fois de huit mois à deux ans de prison.

Depuis le crime, Marc Binette a été libre pendant deux ans. À l'époque de son procès pour meurtre, on ne pouvait l'identifier en raison de son âge. Seul son complice René Michaud, qui avait 25 ans, pouvait l'être.

Marc Binette a été reconnu coupable de meurtre et a pris le chemin du Centre jeunesse des Laurentides, en garde fermée. C'est lorsqu'il s'est évadé de ce centre en 2006, à 19 ans, que son nom a été révélé. La police recherchait dorénavant un adulte. Il a été arrêté et transféré dans un pénitencier.

Marc Binette a fini de purger sa peine, incluant celle d'évasion d'une garde légale, en août 2013.

Travail et amour

Il a tenté de refaire sa vie, s'est trouvé du travail, entre autres avec l'aide de son père, dans l'industrie forestière.

Puis, il a rencontré une femme beaucoup plus âgée que lui. Leurs deux premiers mois ensemble ont été une «lune de miel», selon ce que la femme de 42 ans a décrit au juge Gaston Paul Langevin, au palais de justice de Gatineau, au début du mois.

La lune de miel a pris fin, et les neuf derniers mois de la relation entre M. Binette et sa conjointe se sont envenimés.

Les insultes se sont fait entendre, le couple a commencé à consommer drogue et alcool.

Puis les insultes ont fait place aux coups de poing dans le mur, aux bousculades, et aux manipulations. À partir du mois d'avril, la violence s'est intensifiée.

M. Binette a manqué de travail, puis s'est découragé et a refusé, un jour, de se lever pour aller travailler dans ce qui était son troisième emploi. Sa conjointe a fait part de son insatisfaction et les choses se sont corsées.

La femme a appelé la police et a rompu avec le jeune homme. Marc Binette a été arrêté le 16 août dernier.

Lors de la comparution de l'accusé, la procureure de la Couronne, Me Jennifer Morin, a demandé l'imposition d'une peine de deux ans de prison, et l'avocate de la défense, Me Emmanuelle Béliveau, une sentence de huit mois, assortie d'une période de probation et d'une thérapie en gestion de la colère.

Le 22 novembre 2002, René Michaud et Marc Binette avaient abattu le couple Dagenais au hasard parce que l'adolescent avait déclaré qu'il était «tanné» de tirer sur des animaux et qu'il voulait connaître la sensation de tuer des êtres humains.

«Un adolescent dans un corps d'homme»

Claire (nom fictif) s'est rapprochée de Marc Binette lorsqu'il est sorti de prison. Elle savait pour quels crimes il avait purgé autant d'années en détention, mais elle était prête à lui donner une chance.

La femme a d'ailleurs parlé de cette valeur familiale de donner une deuxième chance aux gens, qui ont droit à l'erreur. Cette erreur, faut-il le mentionner, était celle d'un adolescent troublé.

«Je me suis donnée, corps et âme, dans cette relation, dit-elle. J'ai essayé d'aider M. Binette à avoir confiance en lui, la possibilité de réussir dans la vie, mis beaucoup d'énergie à faire un c.v. à une personne qui n'avait rien à inscrire.»

Binette réussit à décrocher des entrevues et des emplois, malgré son passé trouble. Claire, qui subvenait déjà aux besoins financiers de ses enfants, a aussi aidé M. Binette.

«Sa famille me blâme, elle n'est pas d'accord avec la relation. J'ai eu des problèmes financiers. Je suis jugée à cause de la colère de sa famille. Je dois rebâtir mes relations avec ma famille.»

Claire a fait allusion à l'âge de celui qu'elle a beaucoup aimé. «Un adolescent dans un corps d'homme», a-t-elle fini par dire, pour décrire le peu d'émotions démontrées par le principal intéressé lors des épisodes de violence. «Ne pas avoir d'émotions, ça ne se peut pas. Il faut qu'il y ait des émotions quand tu dis du mal à quelqu'un... Tu la vois brailler.»

Claire veut aujourd'hui se libérer et se rebâtir. «Malgré tout ce que j'ai vécu, je ne lui veux aucun mal. Mais jamais je n'aurai cru que la violence psychologique pouvait être aussi destructrice. [...] Je savais que ce n'était pas sain, dit-elle. Mais la tête ce n'est pas le coeur.»

M. Binette a brièvement témoigné. Il a dit vouloir faire des études en machinerie lourde et poursuivre ses efforts de réhabilitation.

«Je ne suis pas fier de ce que je lui ai fait. Je dirais que je suis désolé pour tout. Ça vient du coeur.»

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