Duffy mouille l'influent sénateur Tkachuk

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Le sénateur Mike Duffy, à sa sortie du palais de justice d'Ottawa, en fin de journée mardi

Justin Tang, PC

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Jennifer Ditchburn
La Presse Canadienne

Mike Duffy soutient qu'un influent sénateur conservateur lui avait expressément conseillé de déclarer comme résidence principale sa petite maison de l'Île-du-Prince-Édouard, dans le but de faire taire les critiques sur son aptitude à représenter les citoyens de cette province à la chambre haute.

Le sénateur Duffy a plaidé non coupable à 31 chefs d'accusation de fraude, de corruption et d'abus de confiance, la plupart liés à des réclamations de dépenses en matière de logement, de voyages et de services divers.

Or, la notion de résidence principale ou secondaire est au coeur de certaines de ces accusations. La poursuite accuse notamment le sénateur d'avoir réclamé aux contribuables le remboursement de ses frais de logement en Outaouais même s'il habitait la région depuis les années 1970 - il a été longtemps courriériste parlementaire à Ottawa.

Témoignant pour une deuxième journée à son procès, Duffy a soutenu mercredi que lorsqu'il a été nommé au Sénat, il s'est inquiété de critiques mettant en doute son aptitude à représenter les citoyens de l'Île-du-Prince-Édouard. Or, lors d'une «séance d'orientation» des nouveaux venus conservateurs, au début de 2009, le sénateur David Tkachuk, alors vice-président du puissant comité de Régie interne, des budgets et de l'administration, lui aurait dit de ne pas s'en faire avec ces critiques.

«Vous possédez deux maisons, alors les allocations de logement couvrent une partie des coûts de votre deuxième maison - il n'y a pas de raisons pour que vous soyez pénalisé», se rappelle Duffy. Le sénateur Tkachuk lui aurait alors expliqué que s'il ne demandait pas toutes les indemnités et allocations, on pourrait croire qu'il ne réside pas vraiment à l'Île-du-Prince-Édouard.

Dans une entrevue au quotidien Ottawa Citizen, en 2012, le sénateur Tkachuk soutenait que les dépenses de Duffy étaient entièrement admissibles. Il expliquait par ailleurs que plusieurs sénateurs passaient l'hiver à Ottawa et l'été dans leur province d'origine.

Tkachuk nie

Mercredi, M. Tkachuk a cependant nié avoir recommandé à son collègue Duffy de «légitimer» ainsi son siège au Sénat. «Pourquoi vous me demandez ça? Je n'étais même pas président du comité de Régie interne à l'époque, a-t-il répondu à l'extérieur du Sénat. Comment aurais-je pu le conseiller?»

Duffy a aussi indiqué mercredi qu'il avait discuté avec son épouse de la possibilité de vendre leur maison d'Ottawa et de vivre à l'hôtel, comme le font d'autres sénateurs - une décision qui aurait coûté aux contribuables 200$ par jour, plutôt que les 30$ alloués par le Sénat pour une résidence privée, a-t-il rappelé.

On a aussi appris au procès mercredi que les travaux de rénovation pour rendre habitable à l'année la petite maison de Cavendish, à l'Île-du-Prince-Édouard, ont coûté en tout 98 500$. L'avocat de Duffy, Donald Bayne, a souligné que c'est presque 20 000$ de plus que ce que le sénateur a réclamé en quatre ans en frais de logement.

«Scandaleux, n'est-ce pas?», a répondu Duffy, flegmatique.

Son avocat a aussi tenté de déboulonner la thèse de la poursuite voulant que le sénateur ait fraudé parce qu'il éprouvait des ennuis financiers. Un expert-comptable de la Couronne était venu dire au procès, plus tôt cette année, que les comptes du sénateur présentaient le profil de quelqu'un qui dépense plus que ce qu'il gagne.

Me Bayne a fait dire à son client, mercredi, qu'il avait touché, avec son épouse, quatre héritages à cette époque, et que le couple disposait de centaines de milliers de dollars en placements.

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