Procès Turcotte: la défense a fini de plaider

Me Pierre Poupart a mis un point final à... (Alain Roberge, La Presse)

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Me Pierre Poupart a mis un point final à son argumentation après cinq jours passés à rappeler ce qu'il estime être les éléments marquants de la preuve.

Alain Roberge, La Presse

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

La plaidoirie de l'avocat de Guy Turcotte s'est conclue mardi après-midi alors qu'il a martelé que l'ex-cardiologue était malade et qu'un être humain «ordinaire» ne tue pas ses enfants.

Me Pierre Poupart a mis un point final à son argumentation après cinq jours passés à rappeler ce qu'il estime être les éléments marquants de la preuve.

Il espère que le jury va trancher que Guy Turcotte était non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux le soir du drame, le 20 février 2009. Mais il lui a rappelé que s'il ne tire pas cette conclusion, il revient à la Couronne de prouver hors de tout doute raisonnable que Guy Turcotte avait l'intention de tuer ses enfants.

Et puis Me Poupart a fait valoir un argument qu'il juge important: si l'état mental de Guy Turcotte n'était pas perturbé le soir où il a poignardé à mort ses deux enfants, pourquoi serait-il resté sur les lieux de l'homicide, pour se faire arrêter, accuser de meurtre et envoyer en prison?

Ainsi, au dernier jour de sa plaidoirie, Me Poupart est entré dans le vif du sujet: la preuve psychiatrique à l'appui de la défense de son client de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Les experts qui ont témoigné au procès ont affirmé que Guy Turcotte souffrait d'un trouble de l'adaptation avec humeur dépressive le soir du meurtre de ses enfants Olivier et Anne-Sophie.

Le procureur de l'accusé a toutefois fait valoir les divergences entre les témoignages des experts de la Couronne et ceux de la défense.

Selon les experts de la défense, l'accusé avait un contact avec la réalité «perturbé». Mais selon la psychiatre France Proulx, qui a été appelée à témoigner par la Couronne, Guy Turcotte n'a pas perdu contact avec la réalité le soir du drame, et son jugement n'était pas altéré.

Il faut se poser la question de l'altération de la raison, a plaidé Me Poupart, car si on ne se la pose pas, il y a quelque chose qui ne va pas, quand on regarde un homme qui a tué les deux êtres qu'il aime le plus au monde.

«Un être humain ordinaire ne tue pas ses enfants», a-t-il lancé.

Un «cerveau malade»

L'avocat a aussi relevé que Mme Proulx a passé beaucoup moins d'heures à parler à Guy Turcotte que les psychiatres de la défense.

Il s'est employé à démontrer qu'elle a coupé les coins ronds, selon lui. Il a plaidé qu'elle n'avait pas assisté à tous les témoignages, ni jugé bon de lire leurs transcriptions, pas même celle d'Isabelle Gaston, l'ex-conjointe de Guy Turcotte et mère des enfants. Mme Proulx avait répliqué que cela n'était pas nécessaire pour réaliser son expertise.

«Est-ce que cela vous rassure?» a demandé Me Poupart aux jurés.

Il a rappelé que la psychiatre Dominique Bourget a déclaré au jury que Guy Turcotte avait un «cerveau malade» le 20 février 2009, un cerveau qui ne fonctionnait plus bien.

Selon elle, l'accusé était incapable d'avoir l'intention de tuer: son cerveau était déjà déconnecté. Guy Turcotte était «en perte de contrôle» et ne pouvait agir autrement, avait aussi analysé Mme Bourget.

«Il ne veut pas tuer, il veut emmener ses enfants avec lui», a rappelé Me Poupart, en choisissant des extraits du témoignage de Mme Bourget. Celle-ci a qualifié cette pensée de l'accusé comme «une logique fautive» et une «pensée irrationnelle».

La Couronne va présenter sa plaidoirie mercredi. Le juge André Vincent de la Cour supérieure devrait donner jeudi ses directives aux 11 jurés, qui seront ensuite isolés pendant qu'ils décideront du verdict.

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