Procès Turcotte: le méthanol aurait joué un rôle marginal

Guy Turcotte... (Graham Hughes, Archives PC)

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Guy Turcotte

Graham Hughes, Archives PC

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
SAINT-JÉRÔME

Pour le psychiatre Louis Morissette, la consommation de méthanol par Guy Turcotte le soir où il a tué ses enfants n'a joué qu'un rôle très mineur dans la trame des événements.

L'expert psychiatre mandaté par la défense a subi jeudi sa deuxième journée de contre-interrogatoire aux mains de René Verret, l'un des procureurs de la Couronne.

Cet expert, ainsi que la psychiatre Dominique Bourget qui a aussi témoigné pour la défense, s'entendent sur le diagnostic de l'accusé: le soir du 20 février 2009, il souffrait d'un trouble de l'adaptation et était en proie à une crise suicidaire, qui l'a amené à boire du lave-glace qui contient du méthanol, une substance toxique.

Me Verret a reproché au docteur Morissette - comme il l'avait fait pour la psychiatre Bourget - de désormais minimiser le rôle du méthanol dans ce drame.

Dans son rapport, M. Morissette écrit que le trouble de l'adaptation, avec la crise suicidaire, «sont essentiellement la cause de la mort des enfants».

Me Verret lui a alors fait remarquer que lors d'une entrevue accordée à un média au début de l'année 2015, il avait parlé de trois causes - et non de deux.

L'expert n'a pas nié ce fait: il explique que les deux causes essentielles sont le trouble mental et la crise suicidaire.

«Vous excluez le méthanol comme facteur contributif», a constaté Me Verret.

«Oui, c'est très marginal», a répondu l'expert.

Me Verret a utilisé cette entrevue pour attaquer la crédibilité de l'expert sur plusieurs sujets, notamment sur les effets du méthanol.

Il a rappelé à M. Morissette que dans cette même entrevue, il avait déclaré que boire trois verres de lave-glace est l'équivalent de boire trois verres de cognac. Les deux types d'alcool n'ont pourtant pas le même effet, étant moindres dans le cas du méthanol, selon la toxicologue judiciaire Anne-Marie Faucher qui a témoigné au procès.

M. Morissette explique depuis deux jours au jury son analyse de l'état mental de l'accusé le soir du drame: son témoignage est donc crucial au soutien de la défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux présentée par Guy Turcotte.

Les doutes de la Couronne

Me Verret semble douter que Guy Turcotte voulait vraiment s'enlever la vie, car il a choisi le méthanol, qui assure une mort lente. Il a soumis au psychiatre qu'en parlant à sa mère le soir du 20 février, il voulait que celle-ci «vienne le sauver» et qu'elle pouvait arriver avant que le méthanol ne fasse réellement effet et ne devienne un poison.

Mais selon le psychiatre, Guy Turcotte voulait vraiment mourir ce soir-là, mais a raté son suicide.

Il a aussi expliqué qu'il n'avait pas perdu contact avec la réalité le 20 février 2009 - pas comme une personne qui est psychotique ou qui a des hallucinations, a-t-il fait valoir. Mais il avait une «vision tunnel» qui faisait en sorte que son jugement était altéré et perturbé.

L'ex-cardiologue a plaidé non coupable aux deux accusations de meurtre. Il a toutefois admis avoir causé la mort d'Olivier, 5 ans, et d'Anne-Sophie, 3 ans.

Le procès a été suspendu en début d'après-midi jeudi. Il reprendra lundi matin, quand les procureurs de Guy Turcotte auront eu le temps d'effectuer certaines vérifications.

La preuve de la défense pourrait être close dès lundi, a mentionné au jury le juge André Vincent de la Cour supérieure, qui préside cette affaire. La Couronne présentera alors sa contre-preuve.

Le juge a averti les 11 jurés de ne pas se former une opinion tout de suite, car la preuve n'est pas encore terminée.

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