Plaidoirie finale au procès pour terrorisme d'un ado montréalais

La Couronne a aussi indiqué que l'adolescent entretenait... (Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

Agrandir

La Couronne a aussi indiqué que l'adolescent entretenait des liens avec le djihadiste Martin Couture-Rouleau, qui a tué un soldat à Saint-Jean-sur-Richelieu en octobre dernier.

Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Un adolescent montréalais était si déterminé à se rendre en Syrie qu'il a commis un vol à main armé au nom du groupe État islamique pour financer son voyage, a affirmé la Couronne en présentant sa plaidoirie finale au procès du jeune de 16 ans, mardi.

L'adolescent, qui ne peut être nommé puisqu'il est mineur, fait face à deux accusations: avoir commis un vol pour le bénéfice d'une organisation terroriste et avoir planifié quitter le Canada pour participer aux activités d'une organisation terroriste à l'étranger.

«La preuve qu'on vous a présentée ne peut pas être contestée», a déclaré la procureure Lyne Décarie à la juge Dominique Wilhelmy de la Chambre de la jeunesse.

L'accusé n'a pas témoigné au cours de son procès. La défense n'a présenté aucun témoin au cours de la procédure.

La défense a tenté en vain de persuader la juge de rejeter une des accusations, la semaine dernière. Elle présentera sa plaidoirie finale, mercredi.

C'est son père qui avait alerté les autorités en octobre 2014 après qu'il eut trouvé de l'argent, un masque et un couteau dans le sac à dos de son fils. Celui-ci venait de cambrioler un dépanneur.

Après l'arrestation de l'adolescent, son père avait déclaré aux enquêteurs que son fils lui avait annoncé son intention de se rendre en Syrie pour participer aux combats, lui affirmant que «d'une manière ou d'une autre, il allait combattre le régime en Syrie».

Des liens avec Couture-Rouleau

La Couronne a aussi indiqué que l'adolescent entretenait des liens avec le djihadiste Martin Couture-Rouleau, qui a tué un membre des Formes armées canadiennes à Saint-Jean-sur-Richelieu, en octobre. Me Décarie a rappelé à la juge Wilhelmy que la mère du prévenu avait trouvé un papier avec le numéro de téléphone de Couture-Rouleau dans la poche de son fils.

Les deux hommes ont également eu de longues conversations sur Twitter dans les jours qui ont précédé l'attaque perpétrée par Couture-Rouleau et qui s'est soldée par la mort de l'adjudant Patrice Vincent. Par l'entremise de Twitter, l'adolescent a demandé à Couture-Rouleau s'il pouvait lui emprunter 50$ pour acheter un couteau après que son père lui eut confisqué le sien.

«Il était si déterminé que si le premier vol n'avait pas été réussi, il était prêt à en commettre un autre», a déclaré Mme Décary.

L'intérêt de l'accusé pour la Syrie a débuté en 2012, croient les enquêteurs. C'est à ce moment qu'il aurait commencé à visionner de la propagande djihadiste et des images de guerre violentes sur son ordinateur portable. La cour a également entendu que ses parents avaient tenté en vain de contrôler leur fils, en limitant son accès à Internet et en cachant son passeport.

Avec des cartes de crédit appartenant à ses parents, il a essayé de faire un don à un groupe libanais qui soutient les insurgés qui combattent le régime de Bashar el-Assad.

Puis, il a tenté d'acheter, en mai 2014, un billet d'avion pour la Turquie. La banque a toutefois annulé la transaction de 2400$, la trouvant suspecte.

L'adolescent est demeuré impassible dans le box des accusés pendant que Me Décarie effectuait sa plaidoirie finale.

En octobre 2014, il avait déjà plaidé coupable à une accusation de vol commis lorsqu'il avait 15 ans. L'adolescent avait alors déclaré aux enquêteurs qu'il s'agissait «d'un butin de guerre».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer