Enfant martyr de Kanata: «papa me faisait boire mon urine»

Toujours plus de sévices, de violence et de torture. Le procès d'un ex-policier... (Archives, La Presse)

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Toujours plus de sévices, de violence et de torture. Le procès d'un ex-policier de la Gendarmerie royale du Canada accusé d'avoir maltraité et agressé son fils s'est poursuivi à Ottawa, vendredi, avec le témoignage de la jeune victime.

L'adolescent de 13 ans a raconté avec aplomb comment son père l'a déjà forcé à boire son urine, à faire 2000 pompes sans avoir mangé ou à s'excuser d'aimer une fille.

«Je la trouvais jolie, mais mon père ne voulait pas. Il me disait de ne plus jamais regarder une fille comme ça.»

L'enfant, qui avait 11 ans à l'époque, a vécu comme un martyr dans le sous-sol familial, enchaîné et menotté, seul, torturé et dénudé pendant six mois.

Selon son témoignage, il ne mangeait presque pas. Parfois un sandwich et un verre d'eau. Il a même dû voler de la nourriture pour survivre. Lorsque les autorités l'ont pris en charge, après sa fuite, il ne pesait que 50 livres. «Je me suis vu dans le miroir, maigre, la peau sur les os, et j'ai décidé que c'était assez», a-t-il raconté.

L'accusé, en liberté provisoire, assiste au procès alors que son fils témoigne dans une autre pièce.

«Un jour, papa était en colère contre moi. Il a voulu me servir une leçon et m'a fait boire mon urine.»

L'enfant devait faire ses besoins dans un seau placé dans le même sous-sol où il devait dormir, souvent attaché à un poteau, dans un simple sac de couchage.

Toujours selon le témoignage, son père lui infligeait des coups de toutes sortes avec ses poings, un bâton et une cuillère en bois. L'enfant a aussi été brûlé à plusieurs endroits sur son corps, parties intimes incluses.

Douches froides et exorcisme

L'enfant était forcé de prendre des douches très froides en guise de punition. «Tu ne le mérites pas (une douche avec de l'eau chaude), aurait dit le père. On la garde pour nous.» Le père a aussi plongé la tête de son enfant dans l'eau de la toilette assez longtemps pour lui faire croire qu'il allait se noyer.

Le père, impliqué dans sa communauté religieuse, l'a déjà exorcisé, crucifix en main, récitant des prières. «Il disait que j'avais le démon en moi et que j'étais une mauvaise personne.»

Le père voulait entre autres punir le fils, qui avait démontré une attirance envers une fille de son âge. «Il m'a forcé à aller la voir et m'excuser d'être attiré par elle.» Il aurait déjà mis son arme de service sur la tête du petit.

Un jour, son père l'a forcé à laver le plancher du sous-sol avec de l'eau de Javel et de l'eau très chaude. «L'eau me brûlait les pieds. Il me filmait et pointait les endroits où laver.» Le père avait installé une caméra pour le filmer 24 heures par jour, 7 jours par semaine.

La mère biologique de la jeune victime est décédée en 2009. C'est après son décès qu'il a déménagé chez son père, dans le secteur Kanata. Lorsque la mère était vivante, il l'entendait parler au téléphone avec son père. La chicane et les gros mots faisaient partie de ces conversations. «Elle disait à mon père qu'il était un être ignoble.»

Lorsqu'il a été capable de fuir, l'enfant a pris une partie de l'argent de la quête de l'église de son père. «Je n'ai pas pu toute la prendre parce que c'était trop lourd. J'étais trop faible. J'ai pris mon vélo, mais je suis tombé trois fois, incapable de rester en équilibre.»

Le procès se poursuit la semaine prochaine.

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