L'amour inconditionnel d'un père

Jacques Gobin a vu l'horreur en rentrant chez...

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Jacques Gobin a vu l'horreur en rentrant chez lui le 22 avril 2014. En ouvrant la porte, il a vu sa femme assassinée, la gorge tranchée. Au 9-1-1, il dit croire que l'auteur de ce meurtre est son propre fils.

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Un fils tue sa mère. Le père, témoin horrifié et survivant, continue d'aimer ce fils. Pour la seule raison qu'il est toujours son père.

Jacques Gobin a vu l'horreur en rentrant chez lui le 22 avril 2014. En ouvrant la porte de sa résidence du secteur Orléans, à Ottawa, il a vu sa femme assassinée, la gorge tranchée. Au 9-1-1, il dit croire que l'auteur de ce meurtre est son propre fils.

Ce fils, Christopher Gobin, a plaidé coupable à une accusation de meurtre non prémédité jeudi dernier. Il ne pourra pas demander de libération conditionnelle avant 2027.

À 18 ans, Christopher Gobin a tué sa mère Luce Lavertu. Saisi par la rage, il a mis fin aux jours de la femme de 49 ans parce que celle-ci le chicanait à propos de son comportement.

Mme Lavertu et son mari, Jacques Gobin, n'en pouvaient plus de le voir s'isoler dans sa chambre, ne plus parler à personne et rejeter les siens.

Une altercation avec sa mère a tourné au drame. Il a pris un couteau et l'a achevée.

«J'ai confiance»

Jacques Gobin se tourne vers l'avenir. «J'ai toujours été positif, confie-t-il, au lendemain de cette dure journée au palais de justice d'Ottawa. Je ne peux pas souffrir à la place de Chris non plus.»

Cette journée de jeudi a ramené une part de deuil chez M. Gobin. Il a vu et entendu l'enregistrement de l'interrogatoire de son fils, qui avoue son crime aux policiers dans les heures suivant les événements.

«Qu'il plaide coupable, ça aide, oui», dit le père d'un ton posé. M. Gobin est au moins soulagé du fait que les pénitenciers fédéraux offrent des services en santé mentale et en éducation.

«J'ai confiance qu'il ne fera plus de mal à personne, dit le père à propos de son fils. Qu'il va faire quelque chose de sa vie.»

Les deux parents s'étaient rendu compte des problèmes majeurs de leur fils. Ils avaient retenu les services de spécialistes en santé mentale. «Est-ce qu'il va en revenir (du drame)? C'est ma crainte», confie-t-il.

Visite en prison

Le père a visité son fils en prison lors de la dernière année. Il a entretenu le dialogue et a observé le jeune adulte s'ouvrir davantage.

«Il n'est pas comme avant, lorsqu'il ne parlait pas. Il n'était pas capable d'être dans le monde, parmi les gens. Il avait une grande anxiété sociale. Il est devenu plus jasant et s'ouvre davantage.»

L'autre survivante est la fille de M. Gobin, la soeur cadette du jeune accusé. Le père s'occupe de la famille, mais sent que sa fille ne veut pas parler de tout cela.

Les Gobin peuvent compter sur leur entourage. Frères, soeurs et belle-famille les soutiennent. «Luce était enfant unique. J'ai beaucoup de peine pour mon beau-père. Luce l'appelait pour lui donner des nouvelles. Maintenant, c'est moi qui le fais.»

Sa deuxième famille est composée de ses frères d'armes. Le militaire a reçu le soutien de ses collègues. L'esprit de corps des membres des Forces armées l'aide à garder le cap. «Les militaires savent ce que c'est de perdre quelqu'un.» Les autres amis sont ceux qui arbitrent avec lui dans une ligue de football. Il a des bons mots pour tout le monde.

«C'est insensé, conclut-il. Tout le monde a de la peine.»

ldebacher@ledroit.com

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