Des «esclaves sexuelles» à 16 ans

Le palais de justice d'Ottawa... (Martin Roy, LeDroit)

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Le palais de justice d'Ottawa

Martin Roy, LeDroit

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Des adolescentes traitées en esclaves sexuelles racontent, cette semaine au palais de justice d'Ottawa, comment elles ont été droguées, attachées, battues et agressées sexuellement pour satisfaire les vils désirs d'un couple, en mai 2014.

Le couple d'Antonio Communale, 32 ans, et de Caroline Budd, 21 ans, doit répondre à une série d'accusations d'agression sexuelle et de séquestration.

Le procès a débuté lundi et s'est poursuivi mardi, avec la suite des témoignages de deux présumées victimes, âgées de 16 ans à l'époque.

Les deux adolescentes ont expliqué qu'elles s'étaient déjà rendues chez Mme Budd, qui, avec son conjoint d'alors, leur faisaient consommer du cannabis et de l'alcool gratuitement. «Surtout du pot», dira l'une d'elle.

Les victimes ont confié qu'elles s'entendaient très mal avec leurs parents respectifs, et que ceux-ci n'appréciaient pas leurs fréquentations beaucoup plus âgées.

Les jeunes femmes ont témoigné dans un autre local, relié par vidéo, afin d'éviter tout contact visuel avec les présumés agresseurs, dans la salle de cour.

C'est lors de la longue fin de semaine de la fête de la Reine que l'enfer s'est organisé autour d'elles.

«Un long bâton»

Droguée et ne sachant plus comment se défendre, une adolescente a été attachée aux chevilles et aux poignets. Elle a parlé d'un godemichet (dildo), puis de «40 coups» de bâton sur les fesses. Le bâton, a précisé l'adolescente, était fait de bois, mesurait environ un mètre, et était «mince et rectangulaire».

Une autre présumée victime, agressée de façon aussi violente, dit avoir entendu l'homme prononcer:

«Tu es la parfaite esclave sexuelle.»

Après ces agressions nocturnes, a raconté une victime, le groupe est monté à l'étage supérieur (les faits reprochés se seraient produits dans le sous-sol d'une résidence du secteur Nepean) «pour manger des tacos». Selon une adolescente, le couple «agissait comme si rien ne s'était produit» à ce moment.

Les filles avaient pourtant été bâillonnées et saoulées, malgré leur grande vulnérabilité.

Lors des agressions, le couple «ricanait pendant que je criais de douleur», a décrit, fragile, une des adolescentes.

Pour faire cesser l'agression, une des victimes dit avoir feint l'orgasme, ce qui a semblé satisfaire le couple. C'est à ce moment que les accusés lui ont dit qu'elle faisait une «parfaite esclave sexuelle».

L'une a quitté l'endroit pour se rendre chez elle, alors que son amie, laissée derrière, s'est réveillée le lendemain avec de très vagues souvenirs.

Ces allégations ont été faites aux enquêteurs de la police d'Ottawa quelques jours après le drame. Les vidéos de ces entrevues ont été présentées à la cour.

Les identités des victimes sont gardées confidentielles afin de protéger leur intégrité.

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