Entre légitime défense et homicide involontaire

Korey Perry, aujourd'hui âgé de 23 ans, affirme... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Korey Perry, aujourd'hui âgé de 23 ans, affirme s'être défendu de l'assaut de Paul Hines, qui est finalement devenu sa victime.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Le juge devra se prononcer sur la notion de légitime défense avancée par l'avocat de Korey Perry, accusé de l'homicide involontaire de Paul Hines, survenu dans le secteur Aylmer en septembre 2011.

Quatre ans après les faits, le tribunal a entendu les plaidoiries de la défense et de la Couronne dans cette histoire ayant débuté par un conflit au sujet d'une citrouille, dans le stationnement commercial du marché IGA, près des Galeries Aylmer, à Gatineau, le 29 septembre 2011.

M. Perry, aujourd'hui âgé de 23 ans, dit s'être défendu de l'assaut de Paul Hines, l'homme de 57 ans qui est finalement devenu sa victime. 

Le quinquagénaire est mort en tombant au sol, à la suite d'un coup de poing asséné par le jeune adulte. 

La Couronne affirme quant à elle que le jeune homme aurait bien pu repousser l'homme sans le frapper si durement. 

Le rapport du pathologiste judiciaire Yann Dazé a établi, lors du procès, que l'impact de la tête sur le sol avait été le coup fatal, et non le coup de poing qui lui a tout de même brisé le nez. 

M. Perry et un ami s'amusaient à botter une citrouille en roulant à vélo dans le stationnement lorsque M. Hines et son épouse - eux aussi à bicyclette - sont passés tout près. M. Hines a sommé les jeunes de remettre la citrouille là où elle avait été prise, alléguant qu'elle avait été volée. 

M. Perry a répliqué avec des impolitesses, ce que M. Hines n'a pas apprécié, au point de faire demi-tour et de le confronter de plus près. 

Le ton a monté rapidement entre les deux individus qui se sont échangé des insultes. M. Hines aurait, selon la défense, invité Korey Perry à «lever» les poings pour se battre. 

Légitime défense 

La procureure de la Couronne, Me Brigitte Gendron, a rejeté la thèse de la légitime défense. Selon le ministère public, une légitime défense s'applique lorsqu'il n'y a pas de consentement au combat, et que le coup de défense n'est pas porté dans l'intention de causer la mort ou des lésions. «L'accusé, dans son témoignage, a dit qu'il avait frappé M. Hines 'de toutes ses forces'», a rappelé Me Gendron. 

Me Gendron a précisé que le jeune aurait pu seulement quitter les lieux ou pousser l'homme pour éviter la bagarre. Selon la Couronne, un dernier critère veut que la personne ne doit pas avoir provoqué l'attaque. «Il n'y a pas de doute que M. Hines a été provoqué.» 

De son côté, l'avocat de la défense, Me Gérard Larocque, a rappelé que M. Hines avait invité M. Perry à se battre, «tout en enlevant sa montre, et ajoutant 'put them up' en montrant ses poings». Selon la défense, la victime est elle-même allée à la rencontre des deux jeunes. «Quand M. Hines revient, ce n'est pas le justicier, c'est celui qui veut lui donner une leçon.»

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