Le juge a cru la victime

Un homme disant agir «tel un père» envers la fille de sa conjointe n'a pas été... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Un homme disant agir «tel un père» envers la fille de sa conjointe n'a pas été cru par un juge de Gatineau, lorsqu'il a nié catégoriquement avoir agressé sexuellement la petite victime pendant sept ans.

Aujourd'hui âgée de 20 ans, la victime compte parmi les meilleures étudiantes de sa classe, mène une vie sportive et fait preuve d'une grande maturité, que le juge Réal Lapointe n'a pas manqué de souligner, dans sa décision rendue plus tôt ce mois-ci, à la Cour du Québec.

Fille d'une mère au travail atypique - serveuse, puis danseuse - elle a été régulièrement confiée à ce conjoint, avec qui elle habitait.

L'accusé aujourd'hui âgé de 53 ans avait gardé la petite lorsque la mère a suivi une cure de désintoxication.

Cette histoire en rappelle une autre, publiée dans nos pages, samedi, et dans laquelle il est mentionné que 99% des enfants de 6 à 12 ans ayant reçu des services du Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille entre mars 2006 et juillet 2011 connaissaient la personne ayant commis l'abus. Un peu plus du quart de ces personnes étaient de l'extérieur du milieu familial.

À LA PISCINE

En 2010, une agression sexuelle a été dénoncée par la fille devenue adolescente.

Les attouchements se sont produits lors d'une sortie familiale à la piscine à vagues.

«À la piscine, la mère avait trouvé que sa fille affichait un comportement bizarre qui laissait paraître sa contrariété à l'endroit de l'accusé, écrit le juge Lapointe. Elle lui aurait demandé des explications et cherché à savoir si son conjoint était réellement en cause. Le jour même de la sortie, l'enfant n'avait pas voulu répondre. Le lendemain, elle aurait confirmé les soupçons de sa mère sans vouloir élaborer.»

Cette histoire a fait ressortir d'autres agressions, survenues au début des années 2000, que la mère n'avait pas crues à l'époque.

«L'enfant lui avait dit que l'accusé l'agressait sexuellement. Et, elle avait choisi de ne pas la croire. Elle se disait qu'ils avaient ensemble tous les trois (la mère, la fille et l'accusé) une trop belle relation pour que ce soit possible; l'enfant semblait heureuse dans cette famille reconstituée», lit-on dans le jugement.

La fille est devenue muette pendant plusieurs années.

Le tribunal a cru la victime, lorsqu'elle a raconté une soirée de télé où elle a reçu un massage et des propositions plus que douteuses de la part du beau-père.

Elle a en outre été incitée à pratiquer une fellation et de la masturbation.

Le juge Lapointe a rendu un avis défavorable sur l'homme dont il a déclaré la culpabilité.

«L'accusé se félicite de son rôle quasi parental [...] L'emphase, il le place sur le côté moral des protagonistes; il fait valoir son côté pudique et se rehausse comme un parent responsable.»

Le tribunal a déclaré l'individu coupable des accusations de contacts sexuels et d'incitations à des contacts sexuels sur une personne de moins de 14 ans.

ldebacher@ledroit.com

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