«Monsieur le juge fait preuve d'une grande patience»

Guillaume Carle... (Archives, LeDroit)

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Guillaume Carle

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Le juge s'est dit lui-même «très patient» lors d'une requête du clan de Guillaume Carle dans le dossier du site archéologique de la rue Jacquers-Cartier, à Gatineau.

S'opposant à la façon de faire de la Ville de Gatineau qui y a entamé des travaux de réfection, M. Carle a demandé plus de temps pour se préparer, ce qui semble avoir irrité le procureur de la municipalité.

L'affaire était devant le juge coordonnateur de la Cour supérieure en Outaouais, Dominique Goulet, hier matin. Le tribunal devait entendre les arguments sur le fond. 

Mais ce sont davantage des objections sur des procédures et règlements routiniers qui ont retenu temps et énergie de la cour. 

En temps normal, une requête en prolongation de délais peut durer 30 secondes. Mais hier, M. Carle et le procureur de la Ville de Gatineau ont eu à débattre pendant près de deux heures sur la nécessité - ou pas - de remettre le dossier à plus tard. 

M. Carle était entre autres accompagné du militant Roger Fleur et du Mohawk Thomas Angus Square. Tous veulent que la Ville leur remette les artefacts retrouvés lors de la fouille précédent les travaux, et réclament aussi la propriété du site, qu'ils disent être celle des autochtones. 

Selon Roger Fleury, un candidat du Parti vert dans Hull-Aylmer, la Ville a fait ce qui semble être «une poursuite bâillon» en demandant une injonction de la cour enjoignant son groupe de quitter le site de la rue Jacques-Cartier, le printemps dernier. 

Me André Monty, qui représente la Ville, a dit au juge qu'il lui était difficile de signifier ses documents et sa correspondance à la partie adverse. 

«C'est difficile de signifier, M. le juge, a dit Me Monty. Ils ne sont pas représentés par avocat, n'ont pas de télécopie... Ça nous a coûté 700 ou 800$ d'huissier pour les signifier.» 

Plus tard, le procureur a rajouté que la boite vocale des représentants autochtones «est toujours pleine». 

L'avocat a piqué au vif M. Carle sur sa légitimité à titre de Grand chef national de la Confédération des peuples autochtones du Canada. «Les titres qu'ils se donnent, et leurs rôles... ne sont pas reconnus par les hiérarchies connues», a-t-il dit. Des autochtones de Kitigan Zibi ont déjà contesté la légitimité de cette confédération. 

«C'est la première fois de ma vie que je passe autant de temps à parler de comment on peut rejoindre du monde», a dit le juge Goulet, qui a joué de diplomatie pendant l'avant-midi. Parlant de lui-même, il a rajouté en appuyant ses mots: «Monsieur le juge fait preuve d'une grande patience». 

Le magistrat a accordé un dernier délais à M. Carle pour contester l'injonction de la Ville de Gatineau. 

D'ici là, les travaux peuvent continuer et le site, près du Festival de montgolfières de Gatineau, devrait être prêt à temps.

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