Torture sur Facebook: foule déçue au palais de justice

Palais de justice d'Ottawa... (Archives, LeDroit)

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Palais de justice d'Ottawa

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Des centaines de personnes ont investi le palais de justice d'Ottawa, jeudi matin, pour manifester leur soutien à l'Ottavienne d'origine congolaise dont l'agression sauvage a été diffusée sur Facebook.

C'est par autobus entiers que des gens originaires de la région, mais aussi de Montréal et de Toronto, sont venus assister à l'enquête sur remise en liberté d'Eunice Ilunga, la présumée tête dirigeante de l'agression largement diffusée sur les médias sociaux.

La comparution de la femme de 40 ans, d'abord prévue dans une salle d'environ 30 places, a été déplacée un endroit plus grand avant d'être reportée pour une question de procédure.

Mme Ilunga sera de retour en cour - par vidéo-conférence, cette fois - mardi prochain. Une de ses deux coaccusées, dont le nom ne peut être divulgué en raison d'un interdit de publication, comparaîtra le lendemain pour son enquête sur remise en liberté. L'autre, Sandrine Tomba-Kalema, subira les mêmes procédures le jour suivant.

Les forces de sécurité du palais de justice, bonifiées pour l'occasion, ont eu du mal à contenir la foule de quelque 300 personnes. «Je n'ai jamais vu ça de toute ma carrière», a même lancé, exaspérée, une avocate qui tentait de se frayer un chemin dans le palais de justice.

La nouvelle du report de la comparution, en fin de matinée, a semé un vent de frustration parmi les gens réunis, mais n'a pas causé de débordements.

Indignation

À l'extérieur des murs du palais de justice, plusieurs membres de la communauté congolaise ont tenu à partager leur indignation quant aux gestes allégués de Mme Ilunga.

Venu de Montréal, Grand Niawu tenait à être présent jeudi matin. «Quand on a appris que des actes indéfendables se sont passés à Ottawa, on a décidé de venir pour appuyer la victime, tout simplement.»

Il dit craindre que les violences dont sont victimes plusieurs femmes en République démocratique du Congo ne trouvent écho au Canada. «Quand j'ai su que ça se passait ici, j'étais furieux! [...] Le viol, l'humiliation, la séquestration: ça doit être condamné partout et par tous.»

«On ne veut pas que ça se répète ici», a secondé un autre Montréalais d'origine congolaise qui a tenu à rester anonyme.

Les Congolais de la capitale se sont aussi fait entendre. «On est ici pour être solidaire avec notre soeur (la victime) et avec l'ensemble de la diaspora congolaise, a expliqué Yves Massunken, un résident d'Ottawa. Ça nous a fait mal de voir ça arriver.»

Du même souffle, il déplore toutefois le travail des policiers dans cette affaire. Selon lui, la victime n'a pas été prise au sérieux quand elle a sonné l'alerte la première fois. Le pire aurait pu être évité, croit-il.

Mais avant tout, M. Massunken désire que les coupables soient punis. «Pour nos soeurs, pour nos mères, on demande que la justice soit sévère. Il faut dire stop à cette violence.»

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