Sept roches de crack en échange d'un passeport

Un résident de l'Outaouais qui a «vendu» son identité à l'un des criminels les... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Un résident de l'Outaouais qui a «vendu» son identité à l'un des criminels les plus recherchés par les autorités canadiennes passera une partie de l'été derrière les barreaux.

Pour quelques roches de crack, Marc Morin, 41 ans, a accepté le marché que lui ont fait des membres du crime organisé.

Ces «vendeurs» d'identité, dont fait partie M. Morin, remplissaient une demande de passeport en fournissant toutes les informations exactes, à une différence près: l'acheteur de cette identité faisait apposer sa photo sur le document officiel.

M. Morin a reconnu sa culpabilité, vendredi, au palais de justice de Gatineau. Le tribunal lui a imposé une peine de 60 jours et une probation d'un an.

Bien qu'il soit une des personnes les moins impliquées dans ce stratagème frauduleux, M. Morin a néanmoins permis la fuite d'un dangereux criminel vers le Mexique.

Ce fugitif est Nabil Alkhalil, connu des autorités fédérales, mais aussi par les services policiers d'Ottawa et de Toronto, ainsi que dans l'Ouest canadien, pour des activités liées aux armes et au trafic de drogue.

En janvier 2014, une enquête conjointe de la police d'Ottawa, de la Police provinciale de l'Ontario et de la Gendarmerie royale du Canada a mené à l'arrestation de neuf hommes, dont la présumée tête dirigeante Hisham «Terry» Alkhalil, 31 ans, le frère de l'autre.

Nabil a réussi à prendre la fuite en décembre2013, avec le passeport au nom de M. Morin, avant la frappe. Il s'est rendu en Amérique du Sud avant de passer au Mexique. Il est introuvable depuis ce temps.

Le système de reconnaissance faciale de Passeport Canada a pu confirmer que le visage sur le faux passeport était bien celui du fugitif.

En tout, 13 passeports ont été fabriqués dans cette même période. Cinq personnes ont été accusées. L'une d'elles, Joanne Arbic, a déjà plaidé coupable et doit recevoir sa sentence en octobre.

M. Morin a fait savoir par la bouche de son avocat, MeDenis Labelle, qu'il avait cessé sa consommation de drogue et qu'il rebâtissait sa vie en s'occupant de sa fille. Il a collaboré à l'enquête de la GRC.

«Vous avez profité du privilège qu'offre le passeport canadien, sa réputation [...], et cela a permis de procurer à un individu hautement criminalisé un passeport reconnu partout dans le monde», a commenté le juge Richard Laflamme, après le prononcé de la sentence.

«De plus, vous avez fourni des informations personnelles qui vous identifient très bien.»

Les frères Alkhalil sont reliés à deux fusillades meurtrières à Toronto et Vancouver. La famille a quitté la Colombie-Britannique il y a quelques années pour s'installer à Ottawa.

Robby Alkhalil a été arrêté en Grèce en 2014, où il vivait sous une fausse identité créée au Canada.

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