L'intégrité des juges menacée

Les constables du palais de justice de Gatineau... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Les constables du palais de justice de Gatineau sont forcés d'escorter les juges dans leurs déplacements.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Les cas de santé mentale continuent de faire grincer les rouages du système judiciaire en Outaouais, alors que les tribunaux sont fortement sollicités par des accusés provenant du milieu psychiatrique.

La comparution de certains justiciables se révèle souvent inquiétante pour le personnel et les juges, dont l'intégrité s'est vue menacée ces dernières semaines.

Jeudi, un individu s'est fait remarquer dans la salle des comparutions du palais de justice. Shawn Usman, 35 ans, est apparu dans le box des accusés, sans avocat pour le défendre, pour des accusations de menaces de mort envers un juge.

En décembre dernier, alors qu'il était dans le box des accusés, Shawn Usman a menacé le juge de «lui trancher la gorge» parce qu'il était insatisfait de la date de sa prochaine comparution.

Encore une fois jeudi, il a insisté pour avoir la date de comparution qu'il désirait. Il tournait parfois le dos à la cour, sous le regard soutenu des gardiens de prison à ses côtés. Il s'adressait en tout temps au tribunal en mordant le collet de son chandail. Il n'y a pas eu de menaces, cette fois.

Le prévenu a déjà fait des siennes ailleurs au pays, ajoutent nos sources.

Ses menaces ont été entendues à Calgary, Rimouski et Montréal. Le système judiciaire déploie temps et énergie à trouver des solutions, alors que le prévenu est hébergé en prison et non dans les rares ressources en service social.

Lundi dernier, un homme de 25 ans, Michel Vézina-Stubbins, a été condamné à sept mois de prison pour avoir menacé de «tuer un juge» du palais de justice de Gatineau. Schizophrène, il s'était présenté devant une salle de cour, le 7 octobre dernier, avec une paire de ciseaux, un couteau à bout arrondi, un outil servant à percer des trous, des métamphétamines et des cordes entremêlées, pour, disait-il, «protéger ses enfants d'être mangés par des extraterrestres». Il avait été jugé apte à subir son procès.

Ces derniers mois, des agents ont dû maîtriser des parents affolés dans une salle du Tribunal de la jeunesse. Les autorités ont eu recours à la force pour les contrôler, devant le juge et le personnel du palais de justice.

Sous escorte

La configuration du palais de justice de Gatineau est telle que les magistrats empruntent les mêmes corridors et ascenseurs que le public, accusés inclus. Cette situation force d'ailleurs les forces constabulaires à escorter les juges dans leurs déplacements au palais de justice. Ailleurs en province, des corridors, des portes d'entrées et des passages sont réservés à la magistrature par mesure de sécurité. Il n'est pas rare de voir un constable, accompagnant un juge dans un ascenseur, refuser l'accès à un accusé.

Chaque minute, comme ce fut le cas de M. Vézina-Stubbins, les constables doivent ouvrir l'oeil sur les gens qui accèdent à l'édifice Jos Montferrand, et empêcher que le pire se produise.

ldebacher@ledroit.com

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