«Tout ce système-là me pue au nez»

Claude Dorion.... (ARCHIVES, Le Droit)

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Accusé d'avoir fait déclencher une enquête sous de fausses déclarations, le trafiquant gatinois Claude Dorion s'est vidé le coeur et fait d'inquiétantes allégations sur des policiers qu'il dit avoir connu avant d'être arrêté dans l'une des plus importantes frappes antidrogue de l'histoire récente de l'Outaouais.

Aux prises avec deux procès en parallèle, Claude Dorion a profité de son témoignage dans le cadre de son procès pour méfait. La Couronne lui reproche d'avoir fait entreprendre une enquête policière sous de fausses allégations, à savoir qu'un policier de Gatineau lui avait volé des stéroïdes lors de la saisie effectuée chez lui lors de l'opération Avalanche, le 31 mai 2012.

Le policier du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) pointé du doigt par Claude Dorion est Nelson Fortin, qui a par ailleurs été blanchi par l'enquête de la Sûreté du Québec. M. Fortin a avoué dans le cadre du procès pour méfait qu'il avait déjà utilisé des stéroïdes, mais qu'il n'avait jamais commis un tel vol.

Le prévenu aurait intentionnellement trompé l'enquêteur de la Sûreté du Québec entre le 5 juillet 2013 et le 17 janvier dernier, en accusant un agent d'avoir commis une infraction, soit la fabrication d'un faux rapport de filature.

Un an après son arrestation, M. Dorion a participé au coulage d'une vidéo montrant l'agent du SPVG en train de recevoir une injection de stéroïdes donnée par Christian Clermont, un ami de M. Dorion.

Le clan Dorion a ensuite fait livrer au bureau du procureur de la Couronne une boîte de seringues qui auraient été utilisées par le policier. Cette livraison a été coordonnée avec l'envoi de la vidéo à TVA Ottawa-Gatineau.

La crédibilité des agents attaquée

L'accusé veut s'attaquer à la crédibilité de l'escouade des drogues et de la moralité de la police de Gatineau. «Sa crédibilité vaut quoi?» s'est-il questionné dans le box.

Il a avoué au procureur de la Couronne, Pierre-Olivier Gagnon, qu'il avait participé à l'envoi de la vidéo afin de discréditer l'escouade ayant enquêté sur son cas dans le dossier Avalanche.

M. Dorion affirme qu'une chaudière saisie chez lui contenait 25 capsules de stéroïdes avant la frappe du 31 mai 2012. «J'ai vu dans les rapports de police qu'il y en avait juste 13.» Le trafiquant a porté plainte pour vol et a allégué que M. Fortin s'est servi en douce. «Il avait la main dans le pot de biscuit.»

«J'ai porté plainte et j'en subis les conséquences. Je suis accusé de méfait par vengeance. Il y a eu une réaction.»

Claude Dorion en a remis lorsque la Couronne a énuméré ses nombreux antécédents judiciaires. «Je me suis déjà fait arrêter avec un insigne de police. J'avais des amis dans ce temps-là... Plusieurs.»

Son règlement de compte s'est poursuivi, cette fois avec d'autres déclarations sur de présumés événements remontants d'il y a près de 10 ans.

«Un policier m'a prêté son arme de service... J'ai vu des transactions de drogue majeure entre policiers en 2007-2008, des policiers éducateurs sniffer de la coke. Pour moi, des taupes, il y en a plusieurs. J'ai obtenu de l'information directement de policiers qui sont encore en service. Ça me pue au nez [...] quand je vois un policier aux drogues qui se fait shooter (aux stéroïdes)... Je ne suis plus capable. Ils sont censés être blancs comme neige. Tout ce système-là, pour moi ça me pue au nez.»

M. Dorion n'a pas fourni de preuve concluante sur ces allégations, pendant son procès, qui n'est pas terminé.

Ldebacher@ledroit.com

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