Plongée dans l'enfer de la violence conjugale

Sauvagement battue, humiliée, séquestrée, menacée. Les marques bleues et noires... (Photothèque La Presse)

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Sauvagement battue, humiliée, séquestrée, menacée. Les marques bleues et noires sur son corps ne laissaient aucun doute. Julie (nom fictif) a été sauvagement battue l'été dernier. Terrorisée pendant six mois, elle a enfin brisé le silence et dénoncé l'homme qu'elle dit être son agresseur.

La difficile audition de l'enquête sur cautionnement de Jérôme (nom fictif), 29 ans, accusé d'agression armée, de voies de fait et d'enlèvement, a débuté lundi au palais de justice de Gatineau.

Le témoignage de son ex-conjointe a été déposé. Dans la vidéo de son entretien avec l'enquêteur Frédérick Simard, du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Julie raconte l'enfer qu'elle a vécu sous l'emprise de celui qui refusait de la laisser partir. L'accusé a écouté la preuve, parfois calé dans sa chaise, laissant paraître des sourires.

Alors que Jérôme était en prison, la jeune femme a rencontré une autre personne. À sa sortie du centre de détention, l'accusé a appris les dernières nouvelles et s'est vengé sur la femme déjà vulnérable.

Deux jours et deux nuits ont été particulièrement pénibles.

«Il m'a rouée de coups de pieds dans les côtes. J'étais au sol. Il me disait: "Tu ne t'en vas pas, tu restes ici." Il a pris tous les téléphones et les a gardés avec lui. J'avais tellement mal aux côtes que je ne pouvais plus me lever. Mon bras était mauve-noir. Je ne pouvais même pas ouvrir une bouteille d'eau.»

Pour s'assurer de garder la jeune femme, le suspect aurait déplacé un four et une chaise de salon devant la porte-fenêtre de la résidence. Impossible pour elle de se frayer un chemin et de prendre la fuite. «Je ne peux pas t'amener à l'hôpital, je ne veux pas que la police se mêle à ça, lui aurait-il dit. Tu le mérites.»

Pour s'assurer de sa propriété, le suspect aurait voulu «graver» son nom sur la peau de la femme avec un couteau X-acto. «Je l'ai repoussé avec mes jambes. Dans ses yeux je voyais qu'il voulait me tuer.»

Dans les heures qui ont suivi, il a tenté de lui faire tourner une vidéo dans lequel elle devait dire «sans pleurer pour ne pas avoir l'air sous menaces» qu'elle avait fréquenté un autre homme.

Une visite salvatrice

Participante à un programme de méthadone dans une pharmacie de Gatineau, la victime a dû se présenter à l'établissement pour avoir sa dose. La pharmacienne a vu toutes ces marques sur le visage et le bras de la jeune femme, et a aussitôt offert son aide. Julie a refusé, intimidée par la présence de l'homme qui l'accompagnait, et qui la sommait d'inventer une histoire d'accident...

Une deuxième visite chez la pharmacienne a été déterminante. Julie a fait fi de son agresseur et a refusé de quitter l'établissement.

Il a fallu six mois à Julie pour parler à la police. Selon la victime, l'ex-conjoint l'aurait aussi menacée de la couper en morceaux et d'en envoyer à ses parents. «Si tu sors, c'est par la fenêtre du troisième étage», lui aurait-il dit, au moment où il déchirait les documents qu'elle avait gardés afin de retourner à l'école. Ces paroles étaient accompagnées de crachats et de d'attaques à l'aide d'un cendrier en plein au visage.

«Tu ne seras plus jamais belle pour personne», lui aurait lancé l'homme, en déchirant le soutien-gorge de la femme.

Jérôme reviendra en cour jeudi pour la suite de l'enquête. Il compte 24 bris d'engagement de la cour depuis 2009.

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