Meurtre de Lucia Medeiros: la Cour d'appel ordonne un nouveau procès

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Khalid Gakmakge, accusé du meurtre non prémédité de sa femme Lucia Medeiros.

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«Revirement à 180 degrés» dans une sordide histoire de meurtre qu'on croyait réglée depuis 2011, à Gatineau. La Cour d'appel ordonne la tenue d'un nouveau procès dans l'affaire Khalid Gakmakge, reconnu coupable du meurtre non prémédité de sa femme Lucia Medeiros.

Le plus haut tribunal du Québec met de côté le verdict de culpabilité rendu par un jury le 11 mars 2011, et ordonne que le processus judiciaire soit repris. Les trois juges de la Cour d'appel se sont rendus aux arguments de la défense, vendredi.

Selon les procureurs de l'accusé, le juge Martin Castonguay, qui présidait le procès, a commis une erreur de droit en permettant qu'un témoin clé livre une version différente de celle qui avait été présentée lors de l'enquête préliminaire.

Coups de couteaux

Le différend tourne autour de la séquence des coups de couteau portés à l'accusé et à sa victime. Pour établir cette chronologie, la Couronne avait fait entendre la biologiste judiciaire Jacinthe Prévost afin d'établir qui avait porté les premiers coups de couteau, le 12 décembre 2008, dans la résidence du couple.

Cette séquence est fondamentale pour la défense de M. Gakmakge. Elle pourrait traduire une légitime défense de sa part, s'il était établi qu'il aurait reçu les premiers coups et agi en conséquence.

Le jury avait acheté la théorie de la Couronne, qui soutenait que Mme Medeiros avait été attaquée en premier.

Selon Me Martin Binet, qui a porté le dossier en appel pour les avocats ayant défendu Gakmakge au criminel, le juge aurait dû arrêter le procès lors du témoignage contesté.

Selon la défense, la séquence des coups n'a pas été décrite de la même façon pendant l'enquête préliminaire et le procès, empêchant la présentation d'une défense pleine et entière. La séquence a eu une «incidence capitale» pour déterminer qui avait donné les premiers coups de couteau.

Lors de l'enquête préliminaire, la témoin experte avait affirmé au tribunal: «Ce n'est pas en regardant simplement ce qu'il y a sur la lame qu'on va donner la séquence.»

Le rapport de la témoin ne permettait pas au tribunal de se forger une opinion sur la chronologie des événements.

Témoignage surprise

Une fois rendue au procès, la biologiste judiciaire a rendu une opinion beaucoup plus élaborée, en statuant que Mme Medeiros avait pu être attaquée en premier.

Mme Prévost a témoigné lors de l'enquête préliminaire, sans jamais formuler d'opinion sur la séquence des coups de couteau. Lors du procès, «elle a clairement laissé entendre que l'appelant s'était lui-même poignardé [...] alors qu'elle n'avait reçu aucun élément de preuve nouveau depuis la confection de son rapport», selon le document. Malgré «le témoignage surprise et contradictoire» de l'experte au procès, le juge Castonguay a rejeté la requête en arrêt des procédures.

La défense s'était plaint qu'elle n'avait pas été mise au courant de cette nouvelle opinion, et qu'elle n'avait pas pu préparer une contre-expertise.

La Cour d'appel endosse le principe que la défense aurait dû avoir assez de temps pour engager un expert pour examiner la preuve de la Couronne. «Une telle option aurait été possible lors d'un procès devant juge seul, qui, contrairement à un procès devant jury, peut être suspendu pour une période prolongée. Devant l'impossibilité de suspendre le procès devant jury pour une période assez longue, (la Cour d'appel conclut) que le juge aurait dû prononcer l'annulation du procès.»

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