«Acheter la paix» et tuer l'amour

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Ce qui était leur sortie de couple hebdomadaire est devenu «l'instant 0» d'une crise familiale.

Pour sortir de l'ordinaire, un couple sort au casino une fois par semaine. Petit à petit, la femme développe un problème de jeu. Les chicanes sur l'argent se multiplient. Pour sauver le couple, il «achète la paix» et remet, au fil des ans, plus de 80000$ à sa conjointe. Elle liquide tout dans les jeux de hasard. Il la quitte. Elle devient dépressive et toxicomane. Les enfants souffrent. À la fin, un juge fait le récit d'une vie ordinaire qui a tourné au drame.

«Les problèmes de jeu étaient doublés de problèmes de consommation d'alcool et de drogue.»

Dans une décision en droit de la famille, le juge Martin Bédard, de la Cour du Québec en Outaouais, déplore l'attitude de la femme, mais aussi les conséquences néfastes des casinos. Comme dans toute décision en la matière, les noms sont caviardés.

Ne travaillant plus, Luce (nom fictif) réclame de plus en plus d'argent à son conjoint Jérôme (nom fictif).

Rapidement, ce sont les imitations de signature sur des chèques, et la mise en jeu de l'argent de l'hypothèque. «Si Monsieur ne lui donnait pas d'argent, résume le magistrat, la chicane prenait. Les problèmes de jeu étaient doublés de problèmes de consommation d'alcool et de drogue.»

La rupture survient, et Luce fréquente maintenant un homme vivant de l'aide sociale. Elle profite de la prescription de son nouveau conjoint pour consommer de l'oxycodone. Le nouvel homme, selon ce qu'entend la cour, devient le pusher d'un des enfants.

Luce vend les voitures et des meubles du patrimoine familial.

Au tribunal, le juge refuse la demande de Jérôme d'accorder une séparation inégale du patrimoine familial, vu sa dilapidation entreprise par Luce. «Monsieur admet dans son témoignage qu'il a lui-même versé ces sommes à Madame pour, dit-il, 'acheter la paix'. Il lui a versé ces sommes en toute connaissance de cause. Il ne peut aujourd'hui s'en plaindre, et réclamer à bon droit, un partage inégal du patrimoine.»

Après séparation des biens, le juge Bédard calcule la part de chacun. Enfin, l'homme doit quelque 20000$ supplémentaires à la femme. «Je ne me fais pas d'illusion en ce qui a trait au sort de cette somme dès qu'elle sera entre les mains de Madame», se résigne le juge.

Après une dépression majeure, l'homme retire des prestations de retraite et une rente d'invalidité. Il doit partager son fonds de pension accumulé pendant le mariage.

«Il est triste de constater que Madame en soit rendue là. C'est un choix de société de tenir des casinos gouvernementaux. Il revient à la société d'assumer les pots cassés qui en découlent malheureusement», exprime enfin le juge.

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