«Mini-Norbourg»: quatre ans de prison pour Robert Primeau

Linda Keller ne fait plus confiance à personne... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Linda Keller ne fait plus confiance à personne depuis qu'elle a été flouée par Robert Primeau.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Un premier chef d'orchestre d'une des plus grandes symphonies frauduleuses à avoir frappé l'Outaouais a pris le chemin du pénitencier, vendredi. Robert Primeau, qui a déjà plaidé coupable à des accusations de fraudes de plusieurs millions de dollars à travers le Canada, restera derrière les barreaux pour les quatre prochaines années.

À partir de 2006, Robert Primeau a convaincu 69 investisseurs de piger dans leurs Régimes enregistrés d'épargne retraite (REER) pour acheter des actions des compagnies de ses présumés complices, François Roy ou Marc Jémus (3877311 Canada Inc. ou Gestion Positive). Les intérêts de 8 à 12% promis étaient des paroles vides.

Par la suite, des sommes d'argent ont été transférées aux compagnies de Robert Primeau. MM. Jémus et Roy n'ont pas encore reçu de jugement devant la chambre criminelle. L'Autorité des marchés financiers a ouvert des dossiers parallèles.

Les sommes provenant des investisseurs totalisent 6,9 millions $, et leurs pertes s'élèvent à 4,37 millions $.

Robert Primeau était directeur et actionnaire majoritaire de Primforce. Cette affaire a depuis été surnommée le «mini-Norbourg» dans la région de la capitale fédérale.

La Couronne a rappelé que M. Primeau «a flashé tout ce temps» en s'offrant un luxueux train de vie pour un montant total de 4 936 378,88 $.

Un couple d'Edmonton floué par M. Primeau a parlé de l'enfer dans lequel il vit depuis qu'il lui fait confiance à «Bob» dans le but de faire fructifier l'argent de leurs durs labeurs. Eugene et Linda Keller se sont adressés à l'accusé, vendredi, par vidéoconférence.

«Je ne vais plus au café, et n'ai pas les moyens de m'acheter un dîner au restaurant une fois par mois, a raconté Mme Keller. Je ne fais plus confiance à personne, je ne donne plus aux oeuvres de charité. Je n'ai plus d'argent, j'ai des dettes, j'ai honte et je suis devenu, parfois, une moins bonne personne.»

L'Albertaine a dit vouloir pardonner au fraudeur. «Je suis fatiguée de toute cette histoire. Je ne veux plus être une victime. Je te pardonne. Mais je veux savoir où mon argent est allé.»

La procureure de la Couronne, Me Geneviève DePassillé, a rappelé au juge Richard Laflamme que l'enquête n'avait pas permis de récupérer tout l'argent soutiré. «Il y a eu des bateaux, des condos, des journées de golf, des motoneiges, des bateaux, du bon vin...», dit-elle.

«Je n'aurai pas de retraite et j'ai toujours travaillé, a ajouté Eugene Keller. J'ai perdu des amis. Je me demande constamment comment je vais m'en sortir.»

L'avocat de Robert Primeau, Me Martin Binet, a soulevé le travail qu'a fait son client sur sa personne. En maison de thérapie pour ses problèmes de consommation, il aurait fait preuve de leadership. M. Primeau caresse le rêve d'écrire un livre sur les déboires de la consommation de drogue et d'alcool et d'ouvrir une maison venant en aide à des gens ayant vécu la même descente aux enfers que lui, à sa sortie de prison.

Le dernier détail technique sur lequel le tribunal devra se pencher est la prise en compte du temps passé en thérapie dans le rendu de la sentence de quatre ans. Une décision sera rendue en mars.

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