La Couronne veut plus de 30 mois de prison

Le ministère public demande une peine de 30 à 36 mois de détention fermes pour... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Le ministère public demande une peine de 30 à 36 mois de détention fermes pour l'ex-courtier hypothécaire Éric Dupuis, coupable de fraudes totalisant plus de 350000$ au détriment de petits investisseurs qui le connaissaient pourtant très bien.

Il était clair, hier, que la procureure de la Couronne, MeNadine Piché voulait voir l'accusé enfermé au pénitencier fédéral. Elle a offert une riposte à l'emporte-pièce au cours du contre-interrogatoire de M. Dupuis.

Ce dernier a voulu expliquer comment il en était arrivé à frauder ses 13 victimes. En défense, il a expliqué qu'il avait soutiré cet argent afin de financer la construction d'un bâtiment commercial, rue Bellehumeur, à Gatineau, avec sa conjointe de l'époque.

La procureure a rétorqué que cet argent n'avait servi qu'au lucre.

«Vous avez menti au tribunal, a laissé tomber MePiché, donnant le ton à ses cinq minutes d'éditorial. Vous n'avez pas mis d'argent (dans le projet)! Vous l'avez flaubé (dépensé) dans l'alcool, les bars, les voitures, les voyages, les danses, la coke! L'argent n'est pas allé dans cet édifice.»

L'accusé a répondu brièvement qu'il «n'avait pas dit oui» à ce que lui reprochait la procureure.

«Je n'ai pas d'autres questions, Monsieur le juge, parce que ça dit quel genre de personnage que c'est.»

L'accusé a répondu qu'il lui aurait été impossible de dépenser plus de 350000$ en luxure et en fêtes en un an. Il a allégué qu'il n'était pas seul dans cette mésaventure, bien qu'il soit le seul accusé dans cette affaire. «Je n'ai jamais eu l'intention de flouer», a-t-il juré.

Le juge Valmont Beaulieu lui a rappelé qu'il était bien coupable de fraudes. «Coupable d'avoir récolté les montants sous un faux prétexte», a résumé le juge «Le stratagème était bien planifié, a soutenu MePiché. Il a répété son geste avec plusieurs personnes, et s'est servi de son charisme pour les convaincre de lui confier leur argent. Il s'exprime avec aisance, mais il ne répond jamais clairement. Il a de la facilité à manipuler.»

Dès le départ, l'accusé a dit aux enquêteurs qu'il voulait rembourser ses victimes. «Mais c'est avec de l'argent qu'il ne possède pas», répète la Couronne.

L'avocat de la défense, MeJacques Belley, doit y aller de sa représentation sur la sentence à la fin de la semaine.

La majeure partie de la journée d'hier a servi à présenter les histoires d'horreur des victimes.

Celles-ci ont été frustrées de sommes allant de 3500$ à 73000$, en 2009.

Selon la preuve de la Couronne, M. Dupuis les faisait investir dans un projet, mais sans leur dire clairement ce dans quoi ils investissaient. Il promettait des taux de rendement variés entre 16 et 18%.

Plusieurs ont dit avoir frôlé le divorce dans leur propre couple, parce que l'un avait perdu confiance en celui ou celle qui avait donné les économies à M. Dupuis. D'autres doivent repousser leur retraite de quelques années afin de retrouver une partie des sommes perdues.

Lorsque les investisseurs ont voulu retirer leur argent, ils ont commencé à sentir la soupe chaude, puisque M. Dupuis ne répondait plus à ses appels, et que les chèques déposés étaient sans provision.

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