Des juges de Montréal à la rescousse de l'Outaouais

«Il y a quelques mois, notre situation était... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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«Il y a quelques mois, notre situation était assez viable. Mais la situation a changé», affirme le bâtonnier de l'Outaouais, Me Luc Gagné.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Bien que leurs assiettes soient déjà pleines, des juges de la Cour supérieure de Montréal devront mettre les bouchées doubles et mettre le cap à l'ouest pour entendre des causes criminelles dans le district judiciaire de l'Outaouais, en pénurie de magistrats.

En fait, les rares juges de l'Outaouais sont aussi sous pression. Ils ne sont que quatre à la Cour supérieure, dans une région qui compte quatre palais de justice.

Cette semaine, le juge coordonnateur de la Cour supérieure en Outaouais, Dominic Goulet, a confirmé au Droit que son district judiciaire fera appel à la métropole pour l'audition de causes criminelles devant jury.

«En Outaouais, dit-il, nous sommes quatre juges de la Cour supérieure au civil, au criminel, au familial et aux faillites commerciales. Et nous avons quatre palais de justice : Gatineau, Campbell's Bay, Maniwaki et Mont-Laurier. C'est extrêmement difficile.»

Déjà, on confirme que d'importants procès pour meurtre n'auront pas lieu avant 2016 en Outaouais, soit quatre ans après les faits.

En avril dernier, le district a perdu ses deux juges surnuméraires, qui permettaient d'assurer une certaine stabilité malgré des rôles surchargés.

3700 dossiers, 4 juges

En 2013, les cours supérieures à Gatineau, Campbell's Bay et Maniwaki ont ouvert 3200 dossiers, en plus de 500 autres à Mont-Laurier. «C'est 3700 dossiers pour quatre juges, souligne M. Goulet. Faites le calcul.»

Un peu plus de 1500 de ces dossiers sont de nature familiale (gardes d'enfant, divorces, etc.). «J'ai reporté des dossiers huit mois plus tard parce que je n'avais pas de juge. J'ai retourné des familles à la maison. L'Outaouais a toujours historiquement été très précaire au niveau des effectifs. La business ne s'arrête pas de l'autre côté», dit-il, en pointant Ottawa, bien visible depuis sa fenêtre de bureau. «C'est 800 000 personnes de plus qui ont accès à la région.»

Le bâtonnier de l'Outaouais, Me Luc Gagné, entend les préoccupations des membres du Barreau de l'Outaouais, bien qu'il n'ait pas observé de plaintes en bonne et due forme quant à la lenteur du système judiciaire. «Il y a quelques mois, notre situation était assez viable. Mais la situation a changé. Évidemment, c'est une position (de la magistrature) que nous appuyons.»

À l'ouverture des tribunaux, en septembre, le juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland a martelé que le système était «saturé» et qu'il était temps de «penser à d'autres façons de faire».

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