L'accusé est coupable, le juge rabroue le policier

Un juge de la Cour supérieure de l'Ontario a égratigné un policier d'Ottawa,... (ARCHIVES)

Agrandir

ARCHIVES

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Un juge de la Cour supérieure de l'Ontario a égratigné un policier d'Ottawa, allant jusqu'à lui reprocher de «ne pas être digne de confiance», avant de reconnaître malgré tout la culpabilité d'un Gatinois arrêté par cet agent, il y a deux ans.

Le procès était celui de Jean Rompré, arrêté le 28 mai 2012 par le policier Nicolas Benard, dans le marché By.

M. Rompré a été épinglé lorsqu'il a omis de s'arrêter à un arrêt obligatoire, à l'intersection des rues York et Cumberland. En s'approchant du véhicule du conducteur fautif, le policier a senti une très forte odeur de cannabis et demandé des renforts. Le pot aux roses a été découvert dans la voiture: pas moins de 9000 grammes de cannabis et des billets de banque totalisant 70000$.

Bien qu'il ait témoigné de bonne foi, le policier a été pointé du doigt lors d'un contre-interrogatoire serré, la semaine dernière. Le juge Timothy Ray en a rappelé les grandes lignes dans sa décision, hier.

C'est que le policier Benard a déjà appelé son patron en se faisant passer pour un collègue «malade» qui ne pouvait se présenter au travail. Ce collègue n'était pas mal en point: il était parti en voyage à Cuba. Les faits se sont produits en 2009. D'ailleurs, le constable Benard a plaidé coupable sur un chef de conduite répréhensible pour avoir menti.

Lors de l'absence de ce policier, un procès pour alcool au volant a été annulé, et l'accusé du moment a été acquitté faute de preuve, parce que le policier au dossier était absent.

«La preuve concernant l'opération policière (du constable Benard, au marché By) est assez franche, a commenté le juge. (...) Bien franchement, sur cette seule preuve, et à cause de la démonstration de sa non-fiabilité (du policier), j'ai un doute sérieux.»

La Couronne a été sauvée par le témoignage d'un autre policier qui est intervenu en renfort lors de l'arrestation de Jean Rompré. «J'ai la preuve du constable (Craig) Fairbairn qui corrobore la plupart, sinon toutes les circonstances décrites par le constable Bernard. J'ai trouvé le constable Fairbairn direct et crédible.»

Le juge conclut donc que le compte rendu du policier Benard est bien celui qui a été livré en cour.

Crédibilité entachée

Le policier Benard a affirmé, lors du procès, que cette erreur de jugement qui remonte à 2009 a grandement nui à sa crédibilité, qui a par la suite été remise en question dans une vingtaine des 30 dossiers à la cour dans lesquels il a été appelé à témoigner.

En ce qui a trait à la culpabilité de l'accusé Rompré, un rapport présentenciel doit être rédigé au courant du mois.

Dans la voiture interceptée en 2012, les policiers avaient découvert un sac d'ordures rempli de cannabis, et sous celui-ci, un sac de plastique blanc et une boîte de souliers contenant des rouleaux de billets de banque. Le tribunal l'a reconnu coupable de possession de stupéfiants dans le but d'en faire le trafic et de deux chefs de possession de biens criminellement obtenus.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer