Un jeu de cachette cauchemardesque

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Yves Blais rejoignait la fillette, seule dans son coin secret, pendant qu'elle jouait à la cachette avec d'autres enfants.

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Un agresseur sexuel qui s'en prenait à sa jeune victime alors qu'elle jouait à la cachette avec d'autres enfants a écopé trois ans de pénitencier, à Gatineau.

Le passé a rattrapé Yves Blais, 72 ans, de Papineauville. À la fin du mois dernier, le tribunal l'a envoyé derrière les barreaux pour attentat à la pudeur et agressions sexuelles sur une enfant, dans les années 1970.

Une ordonnance de non-publication protège l'identité de la victime, qui souffre toujours. La jeune victime avait cinq ans lorsque les premières agressions ont eu lieu. L'homme lui a d'abord demandé de le masturber. Les gestes se sont aggravés avec le temps, jusqu'à ses 13 ans. Une quarantaine d'incidents se sont produits dans la chambre d'Yves Blais. À d'autres reprises, l'homme rejoignait la fillette, seule dans son coin secret, pendant qu'elle jouait à la cachette avec d'autres enfants. Plus vieille, la victime a dû faire des fellations à l'homme, qui lui demandait de faire « comme la femme » dans le film pornographique qu'il faisait jouer à la télé, dans un sous-sol.

D'autres attouchements se sont multipliés dans une chaloupe, un pédalo, ou un chalet. La défense demandait une peine de 12 à 18 mois d'emprisonnement dans la communauté, alors que le ministère public a plaidé pour une peine de trois à quatre ans de prison ferme. Yves Blais n'avait pas d'antécédents judiciaires.

L'homme, décrit comme un homme « apprécié » des siens à l'époque, n'a jamais dit un mot sur ses gestes. La victime a mis des années à parler, croyant que personne n'allait la croire. Thérapies, frais médicaux, stress post-traumatique : la victime a fait savoir au tribunal qu'elle éprouvait toujours des difficultés. « J'ai perdu ma vie d'enfant, a-t-elle écrit, dans une lettre adressée à la cour. Je ne pourrai jamais la ravoir. Enfant, j'avais une relation difficile avec mes parents, car je me révoltais. »

La victime a longtemps caché son drame, même à ses thérapeutes, qui tentaient de trouver la cause de ses comportements. Adolescente, elle a tenté de s'enlever la vie à deux reprises. « Je me trouve encore dégueulasse et j'ai honte », confie-t-elle. Aujourd'hui, la femme a réussi à se libérer du poids de son enfance. Elle demeure « en état d'alerte » en présence d'enfants.

Le nom d'Yves Blais sera inscrit à vie sur le registre des délinquants sexuels. Il a dû fournir un échantillon d'ADN. Il ne pourra pas approcher des jeunes de moins de 16 ans, ni approcher sa victime à moins de deux kilomètres, à sa sortie de prison.

L'avocat d'Yves Blais, Me Jean-Claude Sarrazin, a dit avoir « beaucoup de difficultés à comprendre » le comportement de la victime, qui a, malgré tout, multiplié les rencontres avec son agresseur, après les événements reprochés.




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