Un jeune autiste mis en cage

Un procès pour le moins bouleversant se déroule... (Archives, Le Droit)

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Un procès pour le moins bouleversant se déroule au palais de justice d'Ottawa cette semaine. Un jeune autiste y raconte comment il a été enlevé, séquestré et laissé pour mort.

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Un jeune homme autiste a raconté comment il avait été leurré, enlevé, enfermé dans une cage à chien, puis « lavé » à l'eau de javel par ses ravisseurs allégués, lors du procès de deux d'entre eux, qui se déroule cette semaine à Ottawa.

La victime de 25 ans a fait le récit de son histoire, avec sa voix fragile et enfantine, mercredi, au palais de justice d'Ottawa. Il a témoigné dans une autre salle que celle où se trouvaient les suspects, par lien vidéo, afin de ne pas subir de tentative d'intimidation de leur part.

Le 4 septembre 2014, Martin (nom fictif) s'est entretenu avec une « femme » du nom de « Lisa Angel Eyes » sur Facebook.

Il s'agissait d'un compte frauduleux. Martin croyait discuter avec une charmante femme, qui lui avait suggéré d'avoir une relation sexuelle, chez lui. Il lui a donné son adresse.

Deux jours plus tard, Martin a ouvert la porte à celle qu'il croyait être son « aventure d'un soir ». Il s'agissait d'au moins deux hommes et une femme, qui avaient d'autres plans.

Les deux accusés sont Laura Brahaney, 27 ans, et Jake Hopwood, 28 ans. 

Leurs deux complices présumés ont déjà plaidé coupables. Selon l'enquête, les suspects ont mis l'appartement du jeune, habituellement propre et en ordre, dans un fouillis total.

Le groupe l'a ensuite fait monter de force dans une voiture, pour l'amener dans une résidence qui lui était totalement inconnue.

Le groupe de ravisseurs l'a enfermé dans une cage à chien au sous-sol. Les malfaiteurs ont mis leur plan en branle et ont dit à la pauvre victime qu'ils allaient demander une rançon à sa famille, forçant le père à répondre à leurs exigences.

Entre deux menaces et plusieurs insultes, l'homme, ligoté, a été forcé de manger.

Lors d'une rare « sortie » de sa cage, ayant pour but de se dégourdir les jambes, un des suspects l'aurait enduit d'eau de javel et frotté avec une brosse à grand manche.

Le jeune homme a ajouté plus tard que de l'essence avait été ajoutée à l'eau de javel.

Interrogé par le procureur de la Couronne, Me Matthew Geigen-Miller, Martin a dit toujours souffrir, trois ans plus tard, de problèmes de vision « importants », provoqués par l'écoulement du produit dans ses yeux.

Lors de son témoignage, il a raconté qu'on l'avait « trimbalé » en pleine nuit dans une station-service d'Ottawa. Un des ravisseurs lui a alors signifié son plan de lui faire appeler sa famille pour exiger de l'argent.

Le plan pour obtenir une rançon a échoué. Le père de la victime n'a pas répondu à l'appel, logé depuis un téléphone public. Cet enfer a duré 24 heures. 

Un autre coup

Pendant ce temps, soutient la Couronne, Laura Brahaney préparait un autre coup du même genre, auprès d'une victime à Toronto.

C'est sur la route en direction de la métropole ontarienne, près du fleuve St-Laurent, que Martin a été tiré vers un boisé, bandeau sur les yeux, pour y être battu.

Un suspect l'a étranglé, le laissant pour mort.

Martin a abouti, en sous-vêtements, sale et en pleurs, chez un couple qui arrivait d'une journée de golf.

Plus tôt cette semaine, la Couronne a fait valoir que la victime ne pouvait tout voir ce qui se passait lors de son enlèvement, puisqu'il avait un bandeau sur les yeux.

Les malfaiteurs ont volé de nombreux biens dans l'appartement de la victime.

Le procès se poursuit devant le juge Hugh Fraser, de la Cour de l'Ontario.




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