Cadotte remis en liberté en attendant son procès

Michel Cadotte, accusé d'avoir tué sa femme atteinte... (Simon Groulx, La Presse)

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Michel Cadotte, accusé d'avoir tué sa femme atteinte d'Alzheimer, a été libéré dans l'attente de son procès.

Simon Groulx, La Presse

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La Presse Canadienne

MONTRÉAL - Michel Cadotte, qui est accusé du meurtre de sa conjointe Jocelyne Lizotte, atteinte de la maladie d'Azheimer, a été libéré vendredi en attendant son procès.

Le juge Michel Pennou, de la Cour supérieure à Montréal, a estimé que l'homme ne représentait pas de menace pour la société et que les circonstances particulières entourant l'infraction ne justifiaient pas de le garder en prison.

Michel Cadotte, 56 ans, avait affirmé avoir tué sa conjointe de 60 ans en l'étouffant avec un oreiller, au Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) dans lequel elle résidait. Elle était atteinte de la maladie d'Alzheimer à un stade très avancé.

Un an avant le décès de Mme Lizotte, M. Cadotte avait formulé en son nom une demande d'aide médicale à mourir. Mais celle-ci avait été refusée. Mme Lizotte n'était déjà plus en mesure de formuler une telle demande par elle-même. Elle avait aussi signé un mandat d'inaptitude.

Le couple Cadotte-Lizotte s'était rencontré en 1997 et marié en 1998. Mme Lizotte avait éprouvé dès 2006 ses premiers symptômes de la maladie d'Azheimer, a relaté le juge Pennou en lisant son jugement sur le banc.

Elle avait fait un premier séjour à l'hôpital, en psychiatrie, en 2013. Son état s'était ensuite dégradé au point où elle ne parlait plus, ne pouvait plus manger par elle-même, devait être nourrie de purées pour ne pas s'étouffer ; elle ne reconnaissait plus personne et passait ses journées pour l'essentiel alitée ou dans une chaise, sauf si le personnel la faisait marcher durant quelques minutes.

Mme Lizotte, dont la mère avait été atteinte d'Alzheimer, avait déjà dit à sa soeur qu'elle préférerait mourir plutôt que de finir ainsi, a relaté le juge.

M. Cadotte était pratiquement le seul à prendre soin de sa conjointe, et ce, depuis neuf ans, « au prix de son travail et de sa propre santé », a affirmé le juge. M. Cadotte s'est vu diagnostiquer une dépression majeure, pour laquelle il prend des médicaments. Il souffre également de troubles cardiaques et d'ostéoporose. Il vit maintenant de l'aide sociale, a indiqué le juge.

M. Cadotte a affirmé avoir mis fin aux jours de sa conjointe, le 20 février 2017, lorsqu'il est venu la voir, comme d'habitude, et qu'il a constaté qu'elle était dans une position inconfortable, « le cou cassé », qu'elle ne réagissait pas et qu'elle lui semblait négligée.

« Il s'agit du geste d'un homme aux prises avec un drame personnel », a affirmé le juge, qui a aussi évoqué son « épuisement physique et psychologique ». Il l'a décrit comme « un aidant naturel » qui éprouvait « colère, tristesse, impuissance », et qui était « incapable de se résigner à négliger celle qu'il aime » et qui n'était plus l'ombre d'elle-même.




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