Quatre ans pour inceste: la route est longue pour les victimes

Un peu plus d'un an après avoir confié... (123RF)

Agrandir

Un peu plus d'un an après avoir confié que son père l'avait violée dans sa jeunesse, la victime, devenue adulte, a vu l'agresseur prendre le chemin de la prison pour quatre ans.

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Un lourd secret enfin dévoilé à sa mère a permis à une jeune femme d'obtenir un début de justice, à Gatineau. Un peu plus d'un an après avoir confié que son père l'avait violée dans sa jeunesse, la victime, devenue adulte, a vu l'agresseur prendre le chemin de la prison pour quatre ans.

La route vers la rééducation semble difficile pour la victime et sa mère, depuis la dénonciation aux autorités. Tremblements, vomissements, diarrhée, anxiété, insomnie ne sont que quelques séquelles d'une époque heureusement révolue.

Entre 2003 et 2009, le père dans la cinquantaine a été incestueux. La fille mineure a gardé le secret jusqu'à ce que la situation familiale éclate. La mère, victime de violence conjugale, ne connaissait pas le cauchemar imposé à sa fille.

Une ordonnance de non-publication interdit d'identifier la victime, et par ricochet, son père agresseur.

L'homme a reçu sa sentence de la juge Anouk Desaulniers, le mois dernier. Son nom est dorénavant inscrit au registre des délinquants sexuels.

«Depuis que j'ai dévoilé mes agressions à ma mère, écrit la victime à la juge, je vis un stress constant qui se manifeste par des vomissements de l'insomnie, des cauchemars, de grands sursauts, la nuit. Je tremble quand on me surprend, quand ma fille ou mon voisin font du bruit.»

La famille a dû assumer des frais reliés au processus judiciaire, de la gardienne d'enfants aux déplacements à la cour, et enfin à un avocat, pour séparer les biens familiaux dans le cadre de la séparation.

Quant à sa mère, le drame épouvantable de savoir sa fille victime de ce crime odieux semble insoutenable.

«J'ai vécu ce que voulait dire l'expression "Explosion nucléaire familiale" et "séisme émotionnel familial", écrit la femme, à son tour. En tant que pilier de ma famille, je suis devenue une mère avec un "Moi" éclaté, désorientée, impuissante et en état de choc majeur... Trahison ultime avec un raz-de-marée de conséquences.»

Le détenu, qui s'est dit victime de violence parentale dans sa jeunesse, est suivi au Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF).




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer