Les pires témoins du juge Dallaire

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Le juge Pierre Dallaire a récemment vécu une audience qu'il qualifie d'atroce et désagréable. Soulagé d'en avoir fini avec cette affaire, il souhaite bonne chance au prochain juge qui prendra le dossier en main.

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L'un ne cesse de parler, l'autre ne veut pas changer de ton. Entre les deux, un juge tente de régler une affaire simple, mais ô combien compliquée par les deux adultes, qui se comportent comme des enfants dans une cour d'école. À la fin de l'histoire, le juge qualifie l'audience d'« atroce et désagréable ».

C'est ce qui ressort d'une décision écrite du juge Pierre Dallaire, de la Cour supérieure du Québec à Gatineau.

Le mot clé dans cette affaire est « agaçant ». Le jugement, en anglais, utilise le terme annoying.

C'est l'histoire d'un couple séparé, avec enfants, et deux résidences.

L'ex-couple doit diviser les montants équivalents à la valeur des maisons. Les deux adultes s'obstinent pour déterminer de la valeur de revente des deux maisons.

Non seulement la raison est absente du débat, mais le juge est lui-même pris à partie dans cette affaire.

Le premier adulte, qu'on nommera ici « Monsieur C », demande d'abord que le juge se récuse parce que celui-ci l'a qualifié d'« agaçant ».

Le juge a aussi rejeté plusieurs demandes de Monsieur C. lors des précédentes auditions, toujours dans un contexte désagréable.

Pourtant, exprime le magistrat, l'homme concerné a de bonnes manières, et s'exprime bien, sans toutefois maîtriser les règles de bases des procédures du Code civil. C'est un autre irritant, puisqu'il se représente sans avocat,

« Si un juge devait se retirer chaque fois que le comportement d'une partie peut être décrite comme "ennuyeuse", très peu de cas se rendraient au stade du jugement », souligne le magistrat d'expérience.

L'autre partie, « Madame D », témoigne de façon agressive, s'adressant directement à son ex, au lieu de parler au juge, comme la procédure l'exige dans une salle de cour.

Madame D. est, à la lumière de la décision rendue le 15 mai, « l'une des témoins les plus impossibles à gérer que le juge ait jamais vues dans une salle de cour ».

Malgré de nombreuses interventions du juge à son endroit, la femme a toujours insisté pour parler directement à son ex sur un « ton inapproprié », au lieu de faire passer ses questions et ses commentaires par le juge.

« Nous pouvons comprendre que les parties impliquées soient émotives dans un contexte de séparation, mais elles doivent écouter les directives du juge et se comporter adéquatement lorsqu'ils témoignent », écrit le juge Dallaire.

L'audition du témoignage de Madame D. n'était rien de moins qu'une « expérience atroce et très désagréable », poursuit le juge, à bout de patience mais soulagé d'en avoir fini avec cette affaire.

Un peu plus loin, le magistrat souhaite bonne chance au prochain juge, qui devra trancher sur la séparation et la garde des enfants, aussi contestée.

« Le tribunal ne peut qu'exprimer le souhait, sans trop d'espoir, que le juge qui entendra cette prochaine affaire aura la tâche plus facile que la mienne. »




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