La Couronne évoque «le gros bon sens»

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C'est dans cette résidence du 64, rue Félix-Leclerc, dans le secteur Aylmer, que Claude Lévesque, Louise Leboeuf et Anne-Katherine Powers ont été tués au mois de mai 2012.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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La Couronne demande au jury d'utiliser son « gros bon sens » en déclarant Shakti Ramsurrun coupable de trois meurtres prémédités.

L'expression a été répétée à plusieurs reprises par le procureur Sylvain Petitclerc, vendredi. « C'est votre outil primordial. »

Selon Me Petitclerc, les jurés ne sont pas des « filtres », comme la défense l'a soutenu dans sa plaidoirie, mais « des juges ».

Shakti Ramsurrun avait eu l'ultimatum de quitter la maison qu'il habitait depuis six mois avec ses beaux-parents, son bébé et la mère de l'enfant.

Anne-Katherine, son ex-conjointe, était apeurée et se confiait à voix basse, au téléphone, à ses amies, afin de ne pas être entendue par le suspect.

La jeune femme voyait un autre homme, Shakti Ramsurrun ne voulait pas perdre son enfant, qui était l'unique héritier logique si tout le monde mourait. 

L'héritage de l'enfant, selon Me Petitclerc, lui servirait bien s'il en profitait seul. « Il ne veut pas quitter et il veut constamment revenir avec Anne-Katherine. L'enfant vaut de l'argent. »

« Il tue Anne-Katherine d'abord, puis Claude Lévesque (le beau-père d'Anne-Katherine) et Louise (la mère d'Anne-Katherine). »

Sur la scène de crime, une note tachée de sang, écrite par Louise Leboeuf, disculpe Shakti Ramsurrun et ajoute qu'il « peut prendre l'enfant ». L'écriture est celle de Louise, mais elle n'est pas écrite de façon naturelle. Ramsurrun a aussi écrit sur un tableau « Je ne suis pas le tueur ».

Selon la Couronne, le suspect a gardé Louise vivante pour lui faire écrire cette lettre, avant de l'achever. Au poste de police, le suspect a insisté pour que la police trouve cette note, pourtant tachée du sang de la victime et de son tueur.

Une fois Anne-Katherine décédée, le jeune homme de 28 ans, a décidé délibérément de tuer les deux autres adultes, soutient Me Petitclerc.

« Le lendemain, il fuit avec le bébé, le passeport, les papiers de l'enfant et cartes bancaires. Il invente une histoire d'introduction par effraction dans laquelle un agresseur lui a lancé un verre, ce qui l'a blessé. »

Le procureur croit que ce verre aurait plutôt été utilisé par Mme Powers, qui tentait de se défendre.

Claude Lévesque a été attaqué « par surprise » dans le dos, alors que Louise saignait toujours lorsqu'elle a écrit la note, dans le passage de la maison.

« Pourquoi y avait-il du sang dilué sur la poignée de porte de la sortie de la maison ? » a proposé Me Petitclerc.

Le suspect a nettoyé la scène très sanglante avant de fuir vers Montpellier, pour revenir dans le secteur Aylmer, où il a été arrêté. « Il a ensuite tenté de donner une fausse piste aux policiers. »

La préméditation est évidente pour la Couronne. Les meurtres ont eu lieu dans un contexte de harcèlement pour Anne-Katherine, de séquestration pour Louise. « Et Claude a été poignardé dans le dos. »




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