Ramsurrun demande pardon

Shakti Ramsurrun... (Archives, Le Droit)

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Shakti Ramsurrun

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« Je veux savoir qui j'ai poignardé en premier. »

D'abord très précis au début de son témoignage, jeudi, l'accusé Shakti Ramsurrun est devenu très émotif, vendredi, en parlant de la journée fatidique du 23 mai 2012, lorsqu'il a poignardé à mort son ex-conjointe Anne Katherine Powers, la mère de cette dernière, Louise Leboeuf, et son beau-père Claude Lévesque.

À la barre des témoins, l'homme de 33 ans a raconté comment tout s'était produit rapidement, dans la résidence de la rue Félix-Leclerc, secteur Aylmer, à Gatineau.

Ce soir-là,  Louise Leboeuf aurait dit à Shakti Ramsurrun qu'il n'avait plus de raison de rester chez eux, et qu'il n'avait plus de droit sur son bébé.

Alors âgé de 28 ans, le jeune homme originaire de l'île Maurice était en conflit permanent avec Mme Leboeuf, qu'il accuse de vouloir tout contrôler, en particulier les décisions de sa fille en ce qui concernait l'enfant du jeune couple.

« Louise me criait : "Arrête de manipuler ma fille." Je voulais sortir. Pour moi, c'était fini », dit-il. Le 23 mai, après des mois difficiles au Canada, il voulait partir et se suicider, se voyant sans avenir au pays.

« Louise est dans l'entrée. Elle crie. Anne-Katherine est dans l'escalier. Claude me tient l'épaule. Puis il y a du sang partout. Tout le monde était blessé. Je me demandais : "Qu'est-ce qui se passe ?" Louise est dans mes bras. Il y a beaucoup de sang. Elle est blessée. Elle me donne une lettre et me dit : "Je vais te sauver" et demande une feuille pour écrire. C'était tellement vite. Elle m'a dit : "Prends soin [du bébé]. Tout est à lui." J'ai vu Claude. Je ne comprenais pas. Il y avait Anne-Katherine. Elle était tellement adorable. Je ne savais pas quoi faire. »

Les trois victimes ont été poignardées à des dizaines de reprises. L'homme a été attaqué au dos, les femmes à l'avant du corps. La police a saisi des couteaux de cuisine.

Shakti Ramsurrun a dit avoir nettoyé la scène avant de fuir avec le bébé à Ripon, dans la Petite-Nation. C'est à ce moment qu'il aurait réalisé qu'il avait tué ces gens. Son avocat, Me Richard Dubé, affirme qu'il s'agit de trois homicides involontaires, et non de trois meurtres prémédités, comme le soutien la Couronne.

Flou

«Je ne peux pas expliquer comment ça s'est passé, a raconté l'accusé, lors de son témoignage, «Qui j'ai poignardé en premier ? Je ne sais pas, dit-il. Je ne peux pas vous expliquer ce qui s'est passé.»

Le lendemain du crime, il a voulu confier son enfant à une personne fiable, alors qu'il ne connaissait presque personne au pays. Il s'est rendu sur son lieu de travail, au Club golf Rivermead d'Aylmer.

«Ce n'était pas préparé», a lancé Shakti Ramsurrun. On ne tue pas les gens... On est bien élevés. C'est juste une histoire d'amour qui a mal tourné. Je suis prêt à demander pardon à tout le monde, à la société. Je veux juste une sentence juste et équitable.»

L'accusé a dit que sa famille souffrait de cette situation, à l'île Maurice. Elle serait mal vue à cause de ses gestes allégués au Canada.

«Je veux savoir ce qui s'est passé», a lancé l'accusé. «J'aime cette famille (des victimes). Je regrette beaucoup. J'ai enlevé la vie de la mère de mon fils, celle que j'aime le plus au monde. Je ne peux rien faire...»

Le contre-interrogatoire de la Couronne doit avoir lieu la semaine prochaine.




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