Ian Bush: l'accusé qui n'aime pas les impôts

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Ian Bush n'a été arrêté et mis en accusation qu'en 2015.

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Ian Bush avait une haine si profonde du système de taxation et de la justice canadienne qu'il aurait tué un juge, sa femme et une amie.

C'est ce qui se dégage des échanges entre le fils de Ian Bush, Brock, et le procureur de la Couronne, Me James Cavanagh, dans le cadre du procès d'Ian Bush, accusé du triple meurtre du juge à la retraite de la Cour fédérale de l'impôts, Alban Garon, de sa conjointe Raymonde et de leur amie Marie-Claire Beniskos.

M. Garon représentait l'ennemi à abattre, en 2007, lorsque Bush aurait fait irruption dans son luxueux condo du 1510, chemin Riverside, à Ottawa.

Le juge avait déjà occupé les fonctions de juge en chef de la Cour fédérale des impôts. De son côté, Ian Bush multipliait les défaites devant la cour des impôts et devait plus de 20 000 $.

Lettres

Ian Bush vouait une haine envers Revenu Canada... (Le Droit) - image 3.0

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Ian Bush vouait une haine envers Revenu Canada à tel point qu'il aurait envoyé des lettres d'insultes à l'organisme gouvernemental.

Le Droit

« Foutaise (Bullshit) », lit-on sur une des lettres rédigées en anglais par Ian Bush, en 1996. M. Bush s'adresse alors à « Extorsion Canada », faisant référence à Revenu Canada.

« Vous avez continué de harceler l'intimé (Bush) », lit-on dans une autre lettre adressée à ce qui semble être Revenu Canada.

D'autres missives, expédiées en 2001, somment le juge de se présenter chez Ian Bush pour une quelconque contestation des dossiers litigieux liés aux années fiscales 1992 et 1993. 

Depuis tout ce temps, la haine de M. Bush envers le système n'a fait qu'augmenter. 

Une des lettres envoyées au juge est signée par un certain A.P. Day, qui serait un nom d'emprunt de M. Bush qui opérait sa propre compagnie spécialisée en ressources humaines.

Le 15 octobre 2007, soit quatre mois après le triple meurtre, le service des impôts a envoyé une lettre à l'adresse de M. Bush, indiquant que ses comptes étaient en souffrance pour les années 2000 à 2006.

À l'époque, Ian Bush était toujours en cavale. En fait, il n'a été arrêté et mis en accusation qu'en 2015.

Dans le box, Ian Bush continue de sourire en silence depuis le début de son procès, l'un des plus suivis depuis plusieurs années dans la capitale fédérale.

Selon son fils, le site Web de l'ancienne compagnie d'Ian Bush affichait de faux noms comme Daryl Hamilton, Veronica Wong et Maureen Alear. Il aurait reçu du courriel au nom de A.P. Day.

Brock Bush a par ailleurs identifié des items saisis, dont des armes et des sacs évoqués précédemment dans le procès, dans la résidence familiale. Le fils avait 19 ou 20 ans au moment du meurtre. Il en a aujourd'hui 29.

Son ex-conjointe témoigne

«Ces enfoirés n'auront pas plus d'argent de moi !»

L'ex-conjointe d'Ian Bush était tenue à l'écart des plans sombres de son mari pendant des années... Jusqu'à ce que la police d'Ottawa l'informe du pire, en 2015.

La femme a entamé son témoignage contre son ex-conjoint, jeudi, au palais de justice d'Ottawa. Une ordonnance de non-publication vise à taire son identité. La femme a demandé à parler à l'écart de l'accusé, dans une autre salle, par vidéoconférence.

Entre les années 1990 et 2000, la femme tentait de savoir ce qui se passait avec les finances familiales. Bush, sans réel emploi, lui répondait «mes affaires ne sont pas de tes affaires». Il avait une compagnie de consultation en ressources humaines, mais, malgré plusieurs faux noms d'employés, il était seul à bord de Bush et Associés.

Il devait 17 000$ en impôts, mais la femme ignorait presque tout de ses problèmes financiers. Elle lui disait de se trouver un emploi pour améliorer la situation financière de la famille, sans convaincre le principal intéressé.

«Il ne payait pas ses impôts sur le revenu, dit-elle. Il sacrait tout le temps en parlant de Revenu Canada. Il disait : 'Ces enfoirés (rat-bastards en anglais) n'auront pas plus d'argent de moi'. il devenait très fâché en parlant de cela.»




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