La tristesse infinie d'une mère endeuillée

Le dossier d'Alain Blais, 65 ans, s'est réglé... (Archives, Le Droit)

Agrandir

Le dossier d'Alain Blais, 65 ans, s'est réglé vendredi au palais de justice de Gatineau.

Archives, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La tristesse infinie d'une mère endeuillée, dont la fille a été tuée violemment, est une peine de prison à vie. La mère de Marie-Josée Guénette, assassinée par Alain Blais en 2013, ne sait plus comment retrouver une vie normale. « Pour me consoler, dit la mère, je prends l'urne de ses cendres dans mes bras, pour la bercer, et je pleure. »

Sylvie Guénette s'est adressée à la cour, vendredi, après que le tueur de sa fille, Alain Blais, ait plaidé coupable à un chef réduit d'homicide involontaire.

« J'ai perdu ma fille », a lu Mme Guénette à haute voix, dans une lettre précise et bien rédigée.

« Une boule douloureuse s'installe dans ma poitrine. Le corps de Marie-Josée a été retrouvé et identifié huit jours plus tard (après le crime), jeté comme un déchet, dans une poubelle. »

La femme de 41 ans a été étouffée par son colocataire, en octobre 2013.

« Marie-Josée était ma plus grande source de joie. La meilleure chose qui me soit arrivée. Je l'aimais plus que tout au monde. Mon unique enfant, que j'aime, a été tué. Je ressens un grand vide intérieur. »

La mère a parlé de la souffrance vive, « lancinante », des événements qui la dépassent, et de sa détresse.

« Je ne pourrai plus jamais la serrer dans mes bras, et lui dire que je l'aime. Je suis en colère et révoltée. Tellement injuste. Je n'ai aucune idée de comment gérer ma peine. (...) Le désespoir me semble si grand que le suicide m'a semblé la seule la solution pour arrêter de souffrir. » 

Selon Sylvie Guénette, 12 ans pour homicide involontaire, ce n'est pas juste.

« Ce verdict me révolte. J'ai l'impression que justice ne sera jamais rendue, que la gravité du geste est minimisée, et que la vérité tout entière ne sera jamais dévoilée. Le meurtrier n'a pas pris sa responsabilité. Il a marchandé la mort de ma fille pour une réduction de peine. Comment accepter que la valeur de la vie de Marie-Josée se résume à 12 ans de pénitencier ? Aucune sentence, aucun regret de sa part ne pourra effacer le geste, volontaire et impardonnable. »

Alain Blais a été arrêté en octobre 2013 pour un chef plus grave de meurtre sans préméditation, passible d'une peine de prison à vie, avec une possibilité de libération conditionnelle après une période prédéterminée par la cour, à la fin du procès.

Peine appropriée

Il n'y a pas de peine minimum dans le cas d'un homicide involontaire, a rappelé la juge Catherine Mandeville. La magistrate a expliqué que la peine était appropriée puisqu'elle respectait la jurisprudence en la matière. Le tribunal a cru les regrets d'Alain Blais, qui a plaidé coupable avant son procès.

« C'est un homicide involontaire qui se rapproche plus du meurtre, définitivement, que de l'accident, a dit la juge. Douze ans, cela m'apparaît conforme à des sentences (semblables pour des crimes semblables). »

« C'est la justice humaine, pas la justice divine qu'on applique », a commenté la juge Mandeville.

Alain Blais pourra sortir dans un peu moins de sept ans, compte tenu du temps préventif déjà purgé.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer