Quelle réaction chez les bambins témoins de drames?

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Michelyne Gagné, directrice de la protection de la jeunesse pour l'Outaouais

Simon-Séguin Bertrand, Archives Le Droit

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Le petit garçon de trois ans retrouvé bien vivant dans le logement de la rue Bégin où ont été découverts deux cadavres, lundi après-midi, «va bien» physiquement, mais les jours à venir permettront aux intervenants de l'encadrer afin de détecter de potentiels signes de séquelles psychologiques.

La directrice de la protection de la jeunesse pour l'Outaouais (DPJ), Michelyne Gagné, affirme qu'il est très difficile de prévoir la réaction d'un jeune enfant à une situation traumatisante.

Dans le cas du bambin qui se trouvait dans le logement de la rue Bégin lundi, le Service de police de la Ville de Gatineau a fait savoir que l'un des deux adultes retrouvés sans vie était son parent.

Dès qu'une situation de la sorte se présente, les autorités policières doivent systématiquement, en vertu de la loi, faire un signalement à la DPJ, note Mme Gagné.

«Notre premier objectif, c'est de prendre en charge l'enfant pour s'assurer que sa santé est bonne, du moins en surface, explique-t-elle. La deuxième étape, c'est de chercher dans la famille immédiate de l'enfant ou dans son entourage une personne significative à qui on pourrait faire confiance. [...] Souvent, ce sont des gens de la famille, mais ce n'est pas obligatoire.»

Si la DPJ ne trouve personne à qui confier l'enfant pour assurer sa sécurité, une famille d'accueil sera appelée en renfort. «Dans la nuit qui suit un événement comme ça, un enfant peut par exemple faire des cauchemars, ou encore faire pipi au lit. Ça prend une personne sécurisante autour de l'enfant. Chez les plus petits, c'est très difficile de dire quelle va être leur réaction, parce que ça dépend beaucoup de leur expérience de vie.»

Lorsque la situation le permet, l'intervenant de la DPJ qui prend l'enfant en charge lui demande s'il veut apporter quelque chose avec lui, comme un toutou ou une doudou.

Pour les bambins qui ne sont pas en mesure de verbaliser toutes leurs émotions, il y aura «beaucoup d'observation» afin de bien comprendre leurs réactions et obtenir les services nécessaires. «Il y en a qui vont réagir plus fortement, et il y a d'autres enfants qui ont déjà vécu dans des milieux problématiques et qui ont développé une très grande autonomie malgré leur jeune âge, souligne Mme Gagné, une travailleuse sociale de formation. La seule chose qu'on sait avec exactitude, c'est que ça reste un événement traumatisant pour un enfant. [...] Un enfant de trois ans peut penser que son parent dort ou qu'il s'est fait mal. Il y a plusieurs possibilités qui peuvent émerger dans sa tête.»

Le concept de la mort est évidemment très complexe pour un enfant de trois ans. 

À ce chapitre, les intervenants vont se limiter à répondre aux questions de l'enfant «en fonction de la manière dont (ils) pensent que l'enfant peut recevoir l'information», indique Michelyne Gagné.

Pour des raisons de confidentialité, Mme Gagné n'a divulgué aucun détail sur l'endroit où est hébergé le bambin ayant perdu l'un de ses parents lundi. 

Elle assure toutefois qu'il «va bien» et qu'il recevra - sans attente - toute l'aide nécessaire des services sociaux.

D'autres bambins traumatisés

En janvier 2014, les corps d'Amanda Trottier et... - image 3.0

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En janvier 2014, les corps d'Amanda Trottier et de son conjoint, Travis Vautour, ont été découverts dans leur résidence du secteur Aylmer.

• En mai 2012, la région a été secouée par un triple meurtre survenu dans une résidence du secteur Aylmer. Shakti Ramsurrun, dont le procès doit commencer ce printemps, est accusé d'avoir tué sa conjointe, Anne-Catherine Powers, la mère de la jeune femme, Louise Leboeuf, et le conjoint de cette dernière, Claude Lévesque. 

Le fils de l'accusé et de celle qui était sa conjointe, un petit garçon de 15 mois, se trouvait à l'intérieur de la résidence lors du drame. Il a été retrouvé sain et sauf par les policiers lorsque Shakti Ramsurrun a été appréhendé près d'une minifourgonnette stationnée devant le pavillon du club de golf Rivermead. L'enfant avait aussitôt été pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse.

• En janvier 2014, une petite fille de trois ans a été retrouvée vivante, assise sur un lit dans le logement du secteur Aylmer où les corps de sa mère, Amanda Trottier, et de son conjoint, Travis Vautour, venaient d'être découverts. 

C'est le père de Mme Trottier qui avait fait la macabre découverte, en se présentant sur place pour voir sa fille. L'ex-conjoint d'Amanda Trottier était allé récupérer sa fillette, issue de leur ancienne union, sur les lieux du drame.




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