Shakti Ramsurrun n'échappera pas à son procès

La fille d'une des victimes, Anne-Marie Lévesque, était... (Louis-Denis Ébacher, Le Droit)

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La fille d'une des victimes, Anne-Marie Lévesque, était soulagée à la sortie de la salle d'audience, jeudi.

Louis-Denis Ébacher, Le Droit

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Le juge Éric Downs a rejeté la requête de Shakti Ramsurrun au palais de justice de Gatineau, jeudi matin. L'accusé dans une affaire de triple meurtre survenu à Gatineau, en 2012, invoquait l'arrêt Jordan pour demander un arrêt des procédures.

Originaire de l'île Maurice, Shakti Ramsurrun a été arrêté il y a près de cinq ans pour les meurtres de son ex-conjointe Anne-Katherine Powers, de sa belle-mère Louise Leboeuf et du conjoint de celle-ci, Claude Lévesque.

Dans sa décision, le juge Downs a reconnu que l'Outaouais est un district judiciaire où « les délais institutionnels sont tenaces ».

Le procès de Shakti Ramsurrun débutera en avril, devant jury. Il doit durer trois mois.

Réaction

La fille de Claude Lévesque, Anne-Marie Lévesque, a décidé, à sa sortie de la cour, de s'adresser aux médias. Elle s'est montrée d'abord soulagée de savoir que le présumé meurtrier de ses trois proches allait officiellement faire face à la musique.

«C'est quand même très choquant (que l'accusé ait demandé un arrêt des procédures), étant donné que les délais incombaient à la défense, et la gravité du crime», a-t-elle commenté.

Cinq ans après le drame, la famille des victimes attend le procès de trois mois, qui débutera en avril. Mme Lévesque assistera aux audiences du mieux qu'elle et les siens le pourront. «On est soulagé aujourd'hui, mais on sait qu'il y a de grosses démarches qui s'en viennent. On se croise les doigts. »

« L'accusé a massacré trois innocentes victimes, a ajouté Mme Lévesque. Il a privé un bébé de sa maman. » Anne-Katherine Powers a eu un enfant de son union avec l'accusé. Il avait un an lors du drame. Il n'a pas été blessé.

Outaouais

L'arrêt Jordan force les tribunaux à garantir un procès dans les 30 mois devant jury, ou 18 mois, devant juge seul. La Cour suprême a cependant indiqué qu'il pouvait y avoir des exceptions à la règle, ce que le juge Downs a rappelé dans sa décision de jeudi.

«Il s'agit d'une affaire moyennement complexe dans une juridiction où les délais importants sont connus», a-t-il emprunté à la décision de la Cour suprême.

Le magistrat a ensuite livré un bref éditorial sur la situation de la justice en Outaouais, une des régions les plus touchées par les délais judiciaires.

«Les délais judiciaires prévalant devant les assises criminelles dans le district de Gatineau sont extrêmement longs en raison d'une conjoncture particulière développée à la suite du manque de ressources judiciaires auquel les autorités semblent vouloir pallier, et souhaitons-le, seront éventuellement résorbées.»

«Conséquemment, a-t-il poursuivi, le tribunal appliquera la mesure transitoire exceptionnelle rejette la requête en arrêt des procédures pour délais déraisonnables.»




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