Un des anciens vendeurs de Dorion témoigne

Claude Dorion... (Archives, Le Droit)

Agrandir

Claude Dorion

Archives, Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Comme un quart-arrière au football qui sait que son jeu n'a pas fonctionné, le trafiquant Claude Dorion a passé le ballon à la dernière minute avant de se faire plaquer par l'adversaire, en 2012. La veille de son arrestation dans l'historique frappe policière Avalanche, Claude Dorion a passé un bloc de cocaïne à l'un de ses revendeurs, afin de ne pas perdre la marchandise et de vider sa cache de drogue avant que la police lui passe les menottes.

C'est du moins la prétention d'un de ses anciens revendeurs, Martin Lortie, dans un entretien qu'il a eu avec un enquêteur de la police de Gatineau, le 12 février dernier.

Martin Lortie a porté plainte contre le caïd, ce jour-là, parce que ce dernier le pourchassait partout à Gatineau. Du Costco au gymnase, en passant par sa maison de transition et... au poste de police.

Lortie a purgé trois ans pour trafic, à l'issue de l'opération Intouchable en 2013.

« (Dorion) dit que j'y dois 46 000 $, a confié Martin Lortie à un enquêteur. La dette vient de la coke, un demi-kilo environ. C'était sur la front (drogue avancée) à Dorion. »

Sept mois avant son arrestation, en mai 2012, Claude Dorion avait clairement fait savoir à Lortie qu'il était celui qui contrôlait le marché en Outaouais. Claude Dorion a su que Martin Lortie faisait le trafic, et l'a rencontré au Patio Vidal, coin St-René et Gréber.

« Il m'a dit (à l'époque) : t'as pas le choix de travailler pour moi, sinon ça ira pas ben », a raconté M. Lortie, dans une vidéo présentée mardi, lors de l'enquête sur remise en liberté de Claude Dorion.

Le suspect est accusé d'extorsion et de menaces envers Martin Lortie, auprès de qui il insiste pour retrouver l'argent du bloc de cocaïne.

Pendant sept mois, Lortie a vendu pour Claude Dorion « de 3 à 8 onces » de cocaïne par semaine, se disant même être « sous pression » par son supérieur.

Le « ballon » a été passé le 30 mai 2012, la veille de l'arrestation d'une trentaine de personnes en Outaouais et dans l'Est ontarien, dont la tête dirigeante Claude Dorion, lors de l'opération Avalanche.

« Le soir avant son arrestation, Claude m'a dit : 'il y a de quoi qui va arriver. Arrange-toi avec ça (le demi-kilo de coke à 46 000 $)'. Il voyait la police partout. Il ne voulait plus rien dans sa stash (cache de drogue). Le lendemain, j'ouvre la radio pis j'entends ça (la nouvelle d'Avalanche). »

Taxe

Martin Lortie a par ailleurs confié qu'il n'avait pas à payer de « taxe » à Claude Dorion lorsqu'il vendait de la drogue. Cette « taxe » à laquelle M. Lortie a fait allusion est le montant d'argent que les trafiquants doivent donner au crime organisé pour pouvoir vendre sur un territoire donné.

Or, il semble que M. Dorion opère comme un indépendant.

Lorsque Lortie a écoulé le demi-kilo, il a dû donner l'argent à un certain Patrick Deslauriers, un trafiquant proche des Hell's, devenu délateur, qui avait à l'époque un certain contrôle sur la région de l'Outaouais.

Martin Lortie aurait donné la moitié de la somme à ce dernier lorsque Claude Dorion était en prison.

« Deslauriers m'a dit qu'il prenait une taxe, m'a dit : 'je garde l'argent, puis quand Claude va sortir, je vais m'arranger avec'. »

Le 12 février dernier, épuisé de se savoir épié par un Claude Dorion récemment sorti de prison, Martin Lortie est allé porter plainte au quartier général de la police de Gatineau.

Nul autre que Claude Dorion était dans le même stationnement que lui. Ce dernier est entré au poste avant lui, pour en sortir avec un constat à l'amiable. À son tour, Lortie est rentré au poste.

L'enquête sur remise en liberté se poursuit cette semaine.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer