De derrière la clôture à derrière les barreaux

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Une chicane de clôture s'est transportée devant la cour criminelle pour un voisin à la mèche très courte, jeudi.

Ce qui aurait pu être réglé devant la Cour des petites créances l'a finalement été devant un juge de la chambre criminelle, au palais de justice de Gatineau.

Le procès de Michel Racine, accusé de menaces envers les voisins de sa mère, s'est déroulé dans un climat assez tendu pour que le juge Jean-Pierre Dumais intervienne à plusieurs reprises pour calmer les ardeurs des belligérants.

Les forces constabulaires du palais de justice ont même ajouté un homme dans la salle d'audience afin d'éviter tout débordement. Même le juge s'est montré importuné par la façon dont l'accusé le regardait.

Une sentence de 20 jours de prison a finalement été imposée au résident de la rue Notre-Dame.

Querelles

Le 11 septembre 2015, le fils de la voisine de M. Racine s'est plaint à la police de Gatineau, se disant l'objet de menaces. Le fils, qui ramassait les feuilles pour sa mère, propriétaire de la résidence voisine, a eu une prise de bec avec ce voisin.

Le tribunal a compris qu'à l'origine du conflit se trouvait une affaire de droit de passage entre les deux propriétaires.

Le juge n'a vraiment pas apprécié l'attitude de M. Racine, qui se représentait seul. L'accusé, qui a nié en bloc les allégations dirigées contre lui, a monté le ton à plus d'une reprise au moment où il contre-interrogeait le fils de la dame.

Le juge a dû rappeler à l'accusé que l'importance du décorum dans sa salle de cour devait être respecté.

En rendant son verdict de culpabilité, le juge a senti le regard insistant de l'accusé. Un long silence a marqué les regards soutenus entre le magistrat et M. Racine.

« Arrêtez de me regarder comme ça, monsieur », dit le juge, refusant d'être intimidé.

La voisine importunée, Kathleen Rice-Monfils, a raconté au juge l'enfer qu'elle vivait depuis qu'elle avait acheté la maison.

M. Racine et sa mère, assise dans la salle, ont dit plusieurs fois à haute voix que ce récit n'était que mensonges. « C'est 'toutes' des menteries », lancé la dame, irritant une fois de plus le juge.

« Je ne veux plus y voir la face, a dit Mme Rice-Monfils, émotive. Je ne veux pas l'avoir dans ma vie, ni lui ni sa mère. »

La femme a dû délaisser sa maison pour louer une autre résidence à l'extérieur de la ville, afin de ne pas subir les paroles violentes de ses voisins. « Je ne peux même pas vendre, justement à cause de ces voisins-là. Ceux qui étaient là avant nous ont été en chicane pendant 40 ans avec eux autres. »

Pendant le témoignage de la victime, le juge a dû, encore une fois, rappeler à l'ordre Michel Racine.

Visiblement, le magistrat n'a pas du tout apprécié l'attitude du justiciable.

Michel Racine compte d'autres antécédents judiciaires en semblable matière.

Le juge l'a condamné à 20 jours de prison, suivie d'une période de probation de trois ans, d'une interdiction de contacter les victimes, de posséder des armes à feu, l'obligeant de plus à fournir un échantillon d'ADN et de suivre une thérapie pour gérer sa colère.

« Jamais, on ne se retrouve au criminel pour des affaires comme celle-là », a commenté le juge, qualifiant le comportement de M. Racine de « mortifère à l'égard d'autrui ».

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