Haine et menaces sur Facebook: le drame de Québec évoqué à Gatineau

Alors qu'à Québec on multiplie les hommages aux... (Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Alors qu'à Québec on multiplie les hommages aux victimes de la tuerie de dimanche, à Gatineau on envisage de donner une peine exemplaire à un homme reconnu coupable de menaces de mort.

Édouard Plante-Fréchette, La Presse

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L'actuel débat sur les messages haineux et l'attentat de Québec a fait surface au palais de justice de Gatineau, jeudi. Alors que la Couronne demande une peine exemplaire à l'endroit d'un homme accusé de menaces de mort contre des policiers, le principal intéressé a juré qu'il n'avait aucunement l'intention de reproduire le triste attentat de la mosquée Québec, dans lequel six personnes ont perdu la vie, ni de s'en prendre à des groupes religieux ou à des organisations qu'il n'appréciait pas.

Se sentant persécuté et harcelé par les policiers de Gatineau, Denis Bléoo, 53 ans, a été reconnu coupable, en juin dernier, de menaces de mort contre les policiers de Gatineau et d'intimidation d'officiers de la justice.

Jeudi, le retraité, qui se représente seul, a fait témoigner son psychiatre afin de démontrer au juge Serge Laurin, de la Cour du Québec, qu'il suivait une thérapie et qu'il n'avait jamais voulu commettre le pire.

Sur Facebook, l'accusé a écrit des messages haineux envers les policiers de Gatineau.

En mars 2015, il échangeait des propos inquiétants avec ses « amis » Facebook. 

Parlant de la police de Gatineau et du système de justice, il écrivait entre autres : « La vengeance est proche mon chum », « Je peux avoir les noms, les adresses, les numéros de téléphone de tous les policiers, les avocats, les juges », « ils ont mis ma vie en danger, ils ont pris le droit de jouer avec ma vie... C'est tu une assez bonne raison pour les détruire ? LOL (rires) »

La police n'a pas entendu à rire. Elle a procédé à son arrestation.

La Couronne a relevé des traits de caractère impulsifs, imprévisibles et narcissiques chez l'accusé. Ce dernier a répété qu'il n'avait pas l'intention de s'en prendre physiquement aux gens. Son psychiatre a dit qu'il travaillait sur lui pour gagner en autocritique.

Religion

Chrétien convaincu observant des croyances ésotériques, l'homme a dit en cour, jeudi, qu'il s'intéressait « aux prophéties sur Terre ».

« À titre de chrétien, a-t-il dit à son psychiatre, en interrogatoire, me voyez-vous comme quelqu'un qui entrerait dans une mosquée comme à Québec ? »

« Non », a répondu le docteur.

Ses menaces sur Facebook ne seraient en fait que des éléments reliés « à des prophéties », a laissé tomber M. Bléoo.

Plus tard, M. Bléoo a rajouté : « regardez ce qui se passe à Québec... Je ne dis pas de tuer quelqu'un. Tout s'en vient à une fin ».

Selon lui, ces termes doivent signifier la fin de l'abus d'autorité dont auraient fait preuve des policiers à son égard.

Il a dit ne pas vouloir tuer des gens qui ne sont pas de sa confession religieuse, car ils les empêcheraient ainsi d'avoir la chance de se convertir.

Le procureur de la Couronne, Me Ghislain Gallant, a demandé au juge Laurin de lui imposer une peine de prison ferme de neuf mois à douze ans.

M. Bléoo a plaidé pour une peine suspendue ou une période de probation, s'engageant à poursuivre ses thérapies.

« (Dans la jurisprudence), dit Me Gallant, on dit de mettre l'accent sur la dissuasion. On parle d'exemplarité. »

Le juge Laurin a rappelé que les écrits sur Facebook étaient du domaine public.

« De plus en plus de gens tiennent des propos comme on a vu récemment », a commenté le magistrat, faisant brièvement allusion aux messages haineux circulant sur la place publique, depuis l'attentat terroriste de Québec. La sentence sera rendue en avril.

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