Meurtre à Plaisance: «Ne jugez pas»

Jacinthe Dugas pleure la mort de son frère... (Courtoisie)

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Jacinthe Dugas pleure la mort de son frère Éric, 48 ans, tué le 31 décembre dernier, à Plaisance.

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«Quand les narcotiques, les drogues, entrent dans un petit village comme St-André-Avellin, ça en enrichit certains, mais ça détruit de jeunes innocents.»

Jacinthe Dugas pleure la mort de son frère Éric, 48 ans, tué le 31 décembre dernier, à Plaisance. Elle vit un double drame, puisque les Dugas ont perdu, le 30 décembre, une de leurs soeurs, dont la mort n'est pas reliée à cette affaire de meurtre prémédité.

Le corps inanimé d'Éric a été découvert dans l'après-midi du 31, au 265, rue du Parc, à Plaisance. Cette adresse est celle du principal suspect dans cette affaire, Timothée Fournier, 24 ans.

Le jeune homme est originaire de Saint-André-Avellin, une vingtaine de kilomètres plus au nord, dans la Petite-Nation.

Alors que la Sûreté du Québec refuse de confirmer la façon dont le décès s'est produit, la thèse du meurtre à l'arme blanche demeure la plus plausible.

La drogue occuperait une place prépondérante dans le décor de ce drame. Depuis l'adolescence, Timothée Fournier aurait consommé des drogues toujours plus dures, s'embourbant dans une spirale infernale.

Jacinthe Dugas sait aussi que son frère n'était pas un enfant de choeur - la victime comptait près d'une centaine de dossiers au palais de justice -, mais elle tient à rappeler ses bons côtés, et un pan de sa vie qui l'a fragilisé. «Je demande aux gens qui lirons ceci: ne jugez pas», a-t-elle confié au Droit, dans une conversation par messagerie.

Ayant perdu sa mère à 14 ans, Éric Dugas «recherchait l'amour». Puis, séparé de son fils, il a plongé dans la drogue. «Il n'avait pas assez de force pour faire face à ça.»

Il aurait regretté toute sa vie de ne pas avoir pu connaître davantage son fils, puisqu'il en avait perdu la garde.

Ne pas juger trop vite

Timothée Fournier a comparu mardi au palais de... (Courtoisie) - image 3.0

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Timothée Fournier a comparu mardi au palais de justice de Gatineau.

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La soeur éplorée demande aux gens de ne pas juger la situation trop vite et facilement. Elle a même un bon mot pour les parents de Timothée Fournier, qu'elle connaît bien.

«(Éric) avait un bon coeur. Il a eu des problèmes, lui aussi, mais rien ne justifie sa mort. Et Timothée est le fils d'un ami à nous. Je n'ose même pas imaginer comment ils peuvent vivre cela. C'est comme s'il s'était donné la mort lui aussi, car il va payer pour son geste pendant des années. Va-t-il en revenir, va-t-il en guérir? Je pense à eux (aux Fournier) très fort.»

Semblant affaibli, Timothée Fournier a comparu mardi au palais de justice de Gatineau.

La Sûreté du Québec croit que le meurtre est prémédité. Il semble, selon nos informations, que la chicane mortelle ayant éclaté le 31 est le résultat d'un conflit qui «couvait» depuis quelques jours.

«Je trouve cela triste de perdre des jeunes, des enfants intelligents comme Éric et Thimotée, à cause de la drogue.»

Jacinthe Dugas se rappelle des jours où son frère préparait la soupe, dont raffolaient ses filles, et de son plaisir à jouer au hockey avec le fils d'une amie.

«C'était un bon homme, généreux. Beaucoup n'ont pas vu la tristesse qu'il transportait.»

Un jour, Éric a confié à sa soeur: «Veux-tu dire à mon fils que je l'aimais plus que tout?»

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