Sourd, sans interprète, il demeure détenu

Parce que le système judiciaire ne peut lui... (123RF)

Agrandir

Parce que le système judiciaire ne peut lui fournir un traducteur, une personne sourde doit demeurer en prison.

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Une personne sourde et muette est forcée de demeurer en détention à Gatineau pour une sixième journée parce que le système judiciaire n'est pas en mesure de lui trouver un interprète en vue de son enquête sur remise en liberté.

La loi prévoit pourtant qu'un détenu puisse comparaître pour son enquête sur remise en liberté dans un maximum de trois jours après son arrestation. Ces délais - deux fois la période prévue - briment les droits de Joël Pichette-Bougie, dénonce au Droit son avocate de l'Aide juridique, Me Marie-Pier Abel.

L'homme de 25 ans a été arrêté vendredi dernier, pour avoir brisé ses conditions de la cour et ne respectant pas, entre autres, le couvre-feu qui lui était imposé. Auparavant, M. Pichette-Bougie a été remis en liberté sous conditions de la cour en attendant son procès pour possession de drogue.

M. Pichette-Bougie s'exprime avec des signes, mais son langage - même écrit - demeure limité. «Il est presque impossible de s'entretenir en privé avec lui, explique Me Abel. Nous n'avons pas d'interprète de la cour. On ne peut pas demander à un membre de sa famille de nous aider, parce que nous devons nous assurer que la traduction est neutre et objective.» De plus, le client ne peut s'adresser à certains proches, en raison d'une interdiction de contact prononcée par le tribunal.

Son client est revenu devant la cour, lundi. Un procureur de la Couronne a alors demandé qu'un interprète du langage des signes francophones lui soit assigné, mais aucun ne semblait disponible.

L'affaire a été remise à mardi, toujours sans succès. Mercredi, aucun interprète n'avait été trouvé.

«Mon client a droit de prendre des décisions éclairées et de savoir ce qui se passe. C'est une urgence, dit Me Abel. Toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle l'est. Il n'est pas en mesure de comprendre ce que la cour lui dit.»

L'avocate espère que la journée de jeudi sera la bonne pour son client, et qu'un interprète autorisé par la cour soit disponible.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer