Enfant martyr: la marâtre attend sa peine

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C'est derrière les barreaux que la belle-mère de «l'enfant martyr» de Kanata passera les Fêtes. Elle aura sa sentence d'ici quelques semaines.

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La belle-mère de «l'enfant martyr de Kanata» passera Noël et le jour de l'An derrière les barreaux, en attendant de savoir si elle pourra sortir cet hiver, ou dans cinq ans.

Le juge Robert Maranger, de la Cour supérieure de l'Ontario, a entendu les représentations sur la sentence de l'accusée, la conjointe d'un ancien policier de la GRC affecté aux affaires de terrorisme et bourreau de son propre fils pendant plus de six mois.

Il s'agit d'une des dernières étapes de ce long et difficile procès, qui a marqué de nombreux esprits par la violence des gestes du père a l'endroit de son fils, retrouvé dans un état famélique, dans le secteur Kanata, à l'hiver 2013.

L'enfant a été battu, brulé, humilié et enchaîné dans le sous-sol de la maison familiale. Les marques des menottes du policier sont toujours apparentes sur les poignets de la victime, aujourd'hui âgée de 14 ans.

À 11 ans, le jeune a réussi à s'échapper de chez lui pour demander de l'aide à des voisins, avant d'être secouru par les policiers.

La femme, qui a adopté le garçon quand la mère biologique est décédée, savait ce qui se passait chez elle, a maintenu la Couronne, tout au long du procès.

Bien qu'elle ait participé dans une moindre mesure aux gestes répréhensibles envers l'enfant, la belle-mère s'est livrée elle aussi à des actes de violence sur le jeune garçon.

La femme a été reconnue coupable d'agression armée, pour des coups de cuillère en bois, et d'avoir failli à fournir le nécessaire à la vie de la jeune victime.

«Le réfrigérateur était plein de nourriture, a souligné la procureure de la Couronne, Me Marie Dufort. Elle, son mari (le père de l'enfant) et les autres enfants ne manquaient de rien, eux.»

L'avocate de la défense, Me Ann London Weinstein, a demandé au juge d'imposer une sentence qui ne soit pas le reflet d'un certain désir de vengeance de l'opinion publique.

Elle a décrit sa cliente comme étant une «contrevenante passive», «coupable par omission».

Selon elle, une peine d'un an et neuf mois pour avoir failli à fournir le nécessaire à la vie de l'enfant, plus un mois pour agression armée, ainsi qu'une année de probation, serait suffisante.

Cette période de détention équivaut au temps déjà purgé de façon préventive. Si le juge l'accepte, elle sortirait le 20 janvier, date de la décision du juge.

«Elle le savait»

La procureure de la Couronne, Me Marie Dufort, a refusé cette idée d'une femme «passive».

Selon le ministère public, la femme, intelligente, articulée et bien placée dans la fonction publique, aurait pu venir en aide à la victime, mais elle s'est volontairement aveuglée.

«L'enfant était en train de mourir et elle le savait», a plaidé la procureure.

Le ministère public a demandé une peine de cinq ans de pénitencier.

Le père, principal accusé, entendra les représentations sur sa sentence en mars 2017.

Une ordonnance de non-publication dans ce dossier vise à protéger toute information pouvant identifier la victime.

«J'avais peur des actions de mon mari»

La mère adoptive ayant participé à «l'un des cas d'abus d'enfant les plus horribles» de l'histoire de la région a tenu à s'excuser auprès de sa victime, mardi, devant une salle d'audience pleine, au palais de justice d'Ottawa.

Tête baissée tout au long des représentations sur sa sentence, la femme de 38 ans s'est levée deux minutes, le temps de prononcer quelques mots d'excuses et de regrets.

«J'avais peur et j'étais prise, a-t-elle lancé, dans le box des accusés. J'avais peur des actions de mon mari.»

Son conjoint, père biologique et principal bourreau de l'enfant, attend aussi sa sentence.

La femme, qui n'a rien fait pour sortir son fils adoptif de cet enfer, a présenté «ses excuses les plus sincères».

Selon l'avocate de la femme, Me Ann London Weinstein, il s'agit «d'un des cas d'abus d'enfant les plus horribles que j'ai jamais entendus en 20 ans de pratique».

Dans sa lettre, la mère adoptive et complice a dit qu'à l'époque où son mari torturait son fils, en 2012 et 2013, elle «marchait constamment sur des oeufs». 

Me Weinstein a précisé, à sa sortie de la cour, que la violence conjugale n'avait pas été mise en preuve lors du procès.

«Je suis soulagée que ma partie du procès soit finie, a confié l'avocate. J'ai fait tout ce que je pouvais faire pour ma cliente.»

Celle qui attend sa sentence a avoué avoir «failli au moment où (l'enfant) avait besoin d'aide».

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