Autiste accusé du meurtre prémédité de ses parents: «Il n'a rien, ce gars-là»

Cameron Rogers aurait appelé au 9-1-1 pour avouer... (PAtrick Woodbury)

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Cameron Rogers aurait appelé au 9-1-1 pour avouer le meurtre de ses parents, Dave Rogers et Merrill Gleddie. Les deux corps ont été découverts, lundi soir, derrière une remise de la maison familiale, avenue Apledoorn.

PAtrick Woodbury

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L'autiste de 22 ans qui aurait tué ses parents à Ottawa pour ensuite errer dans les rues de Montréal pendant deux semaines est maintenant seul au monde. Sans frère ni soeur, d'ami ou de proche pour le soutenir, Cameron Rogers est aujourd'hui catapulté dans un système judiciaire et carcéral qu'il ne connaît pas. L'un de ses rares liens avec le monde extérieur est son avocat, qui étudie la possibilité de le faire déclarer non criminellement responsable des gestes allégués.

Lundi, le jeune homme aurait appelé au 9-1-1 pour avouer le meurtre de ses parents, Dave Rogers et Merrill Gleddie, deux semaines auparavant.

Cameron Rogers aurait pris le train d'Ottawa vers la métropole, pour squatter un édifice à proximité d'un chantier de construction, rue Saint-Denis. Il aurait erré à Montréal, sans que personne ne se soit aperçu de son absence dans son quartier ottavien de Carleton Heights.

Les deux corps ont été découverts, lundi soir, derrière une remise du terrain des Rogers, avenue Apledoorn.

La communauté journalistique de la région est ébranlée par cette affaire, puisque Dave Rogers était un retraité de la salle de rédaction du Ottawa Citizen.

«Il n'a rien, ce gars-là, résume l'avocat du prévenu, Me Christian Deslauriers. Pas de frère, pas de soeur, pas de famille.»

Après la comparution de son client par visioconférence, mercredi, à Ottawa, Me Deslauriers a fait savoir qu'il songeait à plaider la non-responsabilité criminelle du jeune homme vivant avec le spectre de l'autisme.

«Il est suivi, il prend des médicaments, explique-t-il. Lui parler est un défi. Il a de la misère à se souvenir de mon nom. Il peut se rappeler mon prénom, car il vient d'une famille religieuse (chrétienne), et fait le lien avec Christian.»

S'il était remis en liberté provisoire, Cameron Rogers n'aurait nulle part où aller, confie son procureur.

«Cas triste»

La situation est aussi triste aux yeux des enquêteurs du Service de police d'Ottawa, qui ont déposé deux chefs d'accusation de meurtre avec préméditation contre M.Rogers.

À l'extérieur du palais de justice d'Ottawa, mercredi, le détective Chris Benson a affirmé aux journalistes qu'il lui était toujours difficile de connaître le motif exact derrière ce double meurtre. «C'est une affaire triste. Un autre cas dans lequel une famille est détruite.» Pour l'instant, l'histoire demeure nébuleuse.

Me Deslauriers n'a pas demandé d'évaluation psychiatrique pour l'instant. Le jeune accusé devrait bénéficier de l'aide juridique pour assurer sa défense.

Cameron Rogers n'a pas d'antécédent judiciaire, et n'a jamais passé une nuit en détention avant lundi.

Le ministère public et les enquêteurs au dossier tenteront d'en connaître davantage sur les événements, d'ici la prochaine comparution du 9 décembre.

La défense espère avoir une divulgation de la preuve plus complète à ce moment.

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