Plus d'autonomie, plus de besoins

Francine Lorange... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Francine Lorange

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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L'arrestation d'un élève autiste dans une école secondaire de Cornwall, il y a deux semaines, met à l'avant-plan l'autonomie grandissante des personnes vivant avec ce spectre. Si les jeunes autistes étaient cachés à la maison, dans un autre siècle, les parents de 2016 veulent permettre à leur enfant de mieux vivre en société. Réagissant à l'appel à l'aide de la mère de cet ado arrêté dans l'Est ontarien, une Gatinoise dit avoir vécu une histoire semblable avec son fils, il y a quelques années, et appris des erreurs de tout le monde.

Francine Lorange a un fils atteint d'autisme et du syndrome de la Tourette, épileptique et malentendant. En 2015, elle parlait de sa réalité dans nos pages, expliquant que les ressources manquaient en Outaouais, même si son enfant de 38 ans était autonome et travailleur.

Elle a été touchée en lisant ce qu'a vécu Karine Belleau, mère d'un élève de 14 ans de l'école l'Héritage de Cornwall, le 10 novembre dernier. Son fils en crise a été arrêté par la police, puis accusé de huit chefs au criminel, dont voies de fait sur des membres du personnel et les agents de la paix.

Il se serait désorganisé en classe pour s'en prendre au personnel, en proférant des menaces. La mère dit avoir tenté en vain de parler à son fils pour le calmer et éviter que le bouchon saute. Elle dit avoir été tenue à l'écart par les agents.

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Karine Belleau, mère d'un élève autiste de 14 ans de l'école l'Héritage de Cornwall, dénonce l'arrestation de son fils par des policiers.

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« J'ai un fils qui a déjà été arrêté, dit Mme Lorange. Si vous le prenez tout de suite (comme parent), vous pouvez désamorcer une crise. »

Après cette crise, la mère a contacté l'Association pour l'intégration communautaire de l'Outaouais (APICO). Elle a parlé à un représentant du service de police, un intervenant de l'organisme et une travailleuse sociale. « On s'est dit comment c'était mieux d'intervenir, à l'avenir. »

Pourtant, dans le cas de Mme Belleau, l'école aurait aussi convenu avec elle d'appeler son fils, trois fois par jour, pour réduire son anxiété. Selon cette mère, les policiers doivent être mieux formés aux interventions auprès des autistes, et les écoles, bénéficier de plus de ressources.

Autonomie

« On a de plus en plus d'autistes autonomes, commente Mme Lorange. De plus en plus, il va falloir intervenir, et savoir quoi faire avant de menotter une personne. »

Le spectre de l'autisme est répandu dans presque toutes les écoles, indique Mathieu Rochon, surintendant du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario (CEPEO). Il est « très, très rare », selon lui, qu'une situation se corse au point de demander l'intervention de policiers. Toutes les écoles du CEPEO sont considérées comme étant « régulières », précise le surintendant. La majorité des élèves autistes peuvent assister aux classes ordinaires. « Pour une classe spéciale, il faut que le jeune soit 'non-verbal', qu'il ne puisse rester dans une classe ordinaire. »

Le surintendant assure que les enseignants et le personnel travaillant avec ce type d'élève sont formés pour désamorcer des situations corsées.

Une pétition a été mise en ligne, mercredi, sur Avaaz.org, pour exiger du fédéral que les policiers suivent une formation obligatoire sur l'autisme. Un peu plus de 1000 noms, sur un objectif de 2000, ont été recueillis.

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