Le père de «l'enfant martyr de Kanata» est coupable

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«Le fait que cet enfant de 11 ans en état de famine, brûlé et battu, ait trouvé, quelque part, la force d'échapper à sa cruelle captivité, et plus tard de s'élever au-dessus de cela, est un témoignage de l'indomptabilité de l'esprit humain», a indiqué le juge Robert Maranger.

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Une longue peine d'emprisonnement attend un ex-policier affecté au contre-terrorisme de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), reconnu coupable d'avoir torturé son fils de 11 ans, en qui il voyait un démon.

Le juge Robert Maranger, de la Cour supérieure de l'Ontario, a rendu son verdict au palais de justice d'Ottawa, lundi, dans une des causes les plus abjectes de la récente histoire de la région.

L'affaire de « l'enfant martyr de Kanata » a été conduite en justice en 2013. Après le décès de sa mère, l'enfant a dû déménager chez son père, dans l'ouest d'Ottawa.

L'accusé, aujourd'hui âgé de 44 ans, a multiplié les sévices et les gestes de torture à l'endroit de son fils, au su de sa nouvelle conjointe, avec qui il avait deux autres enfants.

« Ce fut un procès difficile, a commenté le juge, sur le banc. Qu'un parent puisse faire ce qui a été fait (à l'enfant) est déchirant. Ceci étant dit, le fait que cet enfant de 11 ans en état de famine, brûlé et battu, ait trouvé, quelque part, la force d'échapper à sa cruelle captivité, et plus tard de s'élever au-dessus de cela, est un témoignage de l'indomptabilité de l'esprit humain. »

L'enfant a été affamé, battu, et même brûlé par son père. Au bout de six mois de calvaire, le jeune garçon a finalement réussi à s'échapper de chez lui, où il était enchaîné. Le juge dira plus tard que la victime avait l'air d'un survivant de camp de concentration.

Le couple est coupable de ne pas avoir fourni le nécessaire à la vie de l'enfant vulnérable. L'ex-policer a aussi été reconnu coupable de voies de fait, d'agression sexuelle et de séquestration. Sa conjointe, la belle-mère de la victime, a quant à elle été reconnue coupable d'agression armée, pour avoir donné des coups de cuillère de bois à l'enfant.

La procureure de la Couronne, Me Marie Dufort, a demandé à ce que les agresseurs, en liberté pendant leur procès, soient détenus en attendant le prononcé de leur sentence. L'avocat du père, Me Robert Carew, a fait valoir que son client n'avait jamais failli à ses conditions de remise en liberté, pendant les trois années de procédures.

« Clairement, la détention est nécessaire pour maintenir la confiance du public en la justice », a décidé le magistrat.

L'homme et la femme se sont levés dans la salle et ont mis leurs mains derrière le dos, avant d'être menottés. Le père a gardé la tête baissée toute la matinée. La femme a versé des larmes sur le chemin de la détention.

Images difficiles

Lors du procès, des images difficiles à regarder, et le témoignage troublant de la victime, ont été mis en preuve.

Le jeune a raconté avoir été enchaîné au sous-sol, menotté, brûlé et battu en guise de punition pour avoir « menti » à son père, à l'hiver 2013. L'agresseur a utilisé le métal brûlant d'un briquet à barbecue pour blesser son fils aux parties intimes. À une autre occasion, il lui a mis la tête dans l'eau pour simuler une noyade. Un soir, le père a filmé son fils en pleurs, en guise de punition, alors que celui-ci était à moitié nu, dans le sous-sol. Le père voulait alors faire partir « le démon », lui reprochant entre autres d'avoir volé de la nourriture, malgré son état famélique.

L'enfant a parlé de menottes, « celles que les policiers utilisent, celles de mon père », et d'un bâton de bois qui a laissé de nombreuses marques sur son dos.

Une ordonnance de non-publication visant à protéger l'identité du jeune empêche les médias de nommer les deux accusés.

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