Des témoins trop muets au goût de la police

«Je ne sais pas si c'est parce qu'ils... (Martin Roy, Archives Le Droit)

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«Je ne sais pas si c'est parce qu'ils ne nous font pas confiance ou s'ils tiennent pour acquis qu'on va tout savoir», confie le sergent d'état-major Jim Pietrkiewicz.

Martin Roy, Archives Le Droit

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Les témoins d'agressions armées ne parlent pas assez, observe un sergent de la police d'Ottawa. Ce mutisme n'aide pas les policiers à combattre ce fléau, se désole-t-il.

Ottawa connaît une année chaude au chapitre des homicides, des agressions au couteau et des règlements de comptes par arme à feu. Le sergent d'état-major Jim Pietrkiewicz, des enquêtes de la Division centrale, remarque une hausse des incidents violents, en 2016.

Vendredi, une marque peu enviable a été inscrite au tableau du Service de police d'Ottawa. Un 60e incident impliquant une arme à feu s'est produit dans la capitale. Un homme de 21 ans a été atteint par balle sur la rue Catherine. Il s'est rendu à l'hôpital d'Ottawa, vers 17 h 45. L'affaire serait reliée aux gangs de rue.

Il est fréquent que les gens reliés aux gangs de rue ne dénoncent pas leurs agresseurs auprès des policiers, selon un « code d'honneur » plus ou moins tacite. Mais un autre problème nuit au travail des policiers : le mutisme des témoins oculaires ou auditifs qui tiennent pour acquis que la police sait tout, et qu'il n'est pas nécessaire de parler aux enquêteurs pour un détail anodin. « On a vraiment peu de collaboration, confie le sergent d'état-major Pietrkiewicz. Pourtant, tellement de gens ont un cellulaire. Ils mettent une vidéo d'une agression sur Facebook, ils écrivent : "C'est arrivé." Mais ils ne nous appellent pas. Je ne sais pas si c'est parce qu'ils ne nous font pas confiance ou s'ils tiennent pour acquis qu'on va tout savoir. »

Le policier jure qu'un petit détail, à première vue négligeable, peut changer la donne. « Un chandail, une couleur unique, une marque peut faire débloquer une grosse enquête, rappelle-t-il. On nous dit : "J'ai vu un gars courir, je ne sais pas si ça peut vous aider." La réponse est, oui, cette information nous aide. La victime ne peut pas toujours nous parler. Si elle ne garde pas l'omertà, elle peut quand même être confuse. »

De façon générale, Jim Pietrkiewicz croit que les rues de la capitale sont sécuritaires, et qu'elles le seront en 2017, lorsqu'Ottawa recevra le monde pour le 150e anniversaire de la Confédération.

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