«Ce n'est pas l'Ottawa qu'on connaît»

Un homme a été poignardé à l'angle des... (Charles-Antoine Gagnon, Le Droit)

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Un homme a été poignardé à l'angle des rues Rideau et Dalhousie, lundi soir.

Charles-Antoine Gagnon, Le Droit

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Coups de couteau, fusillades, meurtres en pleine rue et « morts insensées », ces derniers mois, font « perdre un peu de l'Ottawa qu'on connaît ». À l'approche des grandes célébrations entourant le 150e de la Confédération, dans la capitale fédérale, le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, croit malgré tout que ces événements n'empêcheront pas quiconque de visiter à Ottawa.

Mardi matin, les bulletins de nouvelles répétaient une information trop souvent véhiculée en 2016. Trois personnes avaient été poignardées la nuit précédente, dans les rues de la capitale.

Quelques heures plus tôt, le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, disait que la quantité de fusillades, de meurtres et d'agressions armées était « anormale » cette année. « Ce sont des décès insensés », a ajouté le chef, lundi soir. Ottawa compte plus de cinquante fusillades, des dizaines d'autres agressions armées, et 17 homicides en 2016.

« Quand ça arrive, on se dit : "Ben voyons, ce n'est pas l'Ottawa qu'on connaît" », commente Mathieu Fleury. Pour le représentant municipal, ces statistiques ne veulent pas dire que la ville n'est pas sécuritaire. « Ça ne devrait pas empêcher quelqu'un de venir à Ottawa, dit-il. Mais, il y a des enjeux socio-économiques, c'est évident. »

L'élu concède que plusieurs plaintes lui parviennent relativement à des crimes et des troubles provenant des environs des rues George et Cumberland, au centre-ville. La rue King Edward, fréquentée par des consommateurs de drogue et des itinérants, surprend souvent les visiteurs dans la capitale. « Moi, je me sens en sécurité, dit M. Fleury. Mais le plus important, c'est que les résidents se sentent en sécurité. Quand on regarde les statistiques des villes du monde, on se console. On n'est pas habitués à cela, ici. Je m'attends, ici, que la majorité des gens n'ait pas d'arme. »

M. Fleury cite la réussite de la patrouille à pied de la police d'Ottawa, cet été. Selon lui, l'escouade a calmé les ardeurs de certains et a donné de bons résultats en rassurant sa population. Pour Ottawa 2017, le conseiller municipal veut en voir plus. « Je veux voir une patrouille comme celle-là, et pas seulement en juillet et en août, mais au moins d'avril à décembre. »

Lundi, le chef Bordeleau a décrit quelques morts « insensées » survenues récemment sur son territoire. « La moitié des meurtres sont reliés aux gangs de rue, l'autre ne connaît pas de modèle précis. En fin de semaine, c'est une bagarre qui a commencé dans un établissement, puis une bouteille de bière a été cassée, et une gorge a été tranchée. Une autre fois, une dispute a mal viré parce qu'un gars faisait du crack sur son terrain. La personne n'a pas aimé cela et la personne (qui consommait du crack) est revenue pour lui couper le cou. Le plus difficile pour nos enquêteurs, c'est que les témoins ont peur de parler. Il y a eu un meurtre l'autre jour dans un restaurant. Quand les policiers sont arrivés avec les sirènes, les gens sont tous partis. C'est difficile à enquêter. »

Mardi soir, un adolescent de 17 ans a été arrêté en lien avec l'une des trois agressions au couteau survenues dans la nuit de lundi à mardi, au centre-ville d'Ottawa. Le suspect aurait agressé sa victime, un homme d'environ 30 ans, sur la rue Rideau, coin Dalhousie, vers 22 h 40. Vers 1 h, dans la même nuit, deux femmes ont été poignardées sur la rue Rideau, près de la rue Nelson. Une femme est recherchée pour cette agression. Les victimes ont survécu.

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