Le policier filait à 180km/h avant l'impact

Le procès du policier François Laurin s'est poursuivi jeudi.... (Archives, La Presse)

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Le procès du policier François Laurin s'est poursuivi jeudi. Il doit reprendre au début décembre.

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Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) accusé de conduite dangereuse causant la mort d'Éric Rompré, sur la route 148 près de Papineauville, en 2012, filait à 180 km/h dans une zone de 90.

La Dodge Charger banalisée de la SQ a démoli la Mazda 3 de la victime. Le policier François Laurin répondait à un appel pour un homme agité et fortement intoxiqué pendant le Rockfest de Montebello, le 16 juin 2012. Éric Rompré s'apprêtait à faire un virage à gauche sur la 148 lorsque la voiture de police a fauché son véhicule sur le côté.

Le procès de M. Laurin s'est poursuivi jeudi. Il doit reprendre au début décembre.

Selon le témoin expert, l'ingénieur mécanique Érick Abraham, la vitesse extrême est la principale cause de l'impact.

« Cela se peut très bien que la victime n'ait pas eu le temps de réagir et de voir la Dodge Charger, a résumé M. Abraham. Cent quatre-vingt kilomètres/heure, ce n'est pas dans les habitudes de conduite des gens. À cette vitesse, on n'a pas beaucoup de temps de réaction. »

Le témoin expert estime que la vitesse du véhicule de police, à l'endroit où la collision est survenue, ne donnait que très peu de chances aux personnes impliquées de s'en sortir.

« La physique s'applique à tout le monde, dit M. Abraham. Ce n'est pas parce qu'on est un bon conducteur qu'elle va s'arrêter. Si la vitesse était moins élevée, il y aurait peut-être eu un impact, mais il aurait été moins grave. À 140 km/h dans une zone de 90, on juge que c'est un grand excès de vitesse. Ici, on est à 40 km/h de plus qu'un grand excès de vitesse. »

Urgence

Plus tôt lors du procès, le tribunal a entendu les enregistrements de l'appel de ses collègues pour obtenir des renforts à Montebello. Un festivalier du Rockfest était en crise et intoxiqué sur la rue Principale. Les premiers agents qui sont intervenus ont eu de la difficulté à le maîtriser.

Selon un des agents, qui explique la situation sur les ondes radio, l'homme « est gelé comme une balle et fout le trouble ». Les conversations sont difficiles à décoder puisqu'elles sont accompagnées de « grésillement » et que le volume des sirènes contribue au bruit ambiant.

La loi P-38 a été appliquée. Cette loi permet au policier d'arrêter et de transporter une personne à l'hôpital, même en utilisant la force, parce qu'elle présente un danger grave pour elle-même ou les autres.

« C'est juste qu'il est bien agité, il a réussi à détacher (...) il va finir par péter de quoi. »

L'agent Laurin a pris la route 148, sirène et gyrophares allumés.

À 17 h 21, le message est transmis aux agents sur la route que la situation semble se résorber.

« Il s'est calmé, entend-on sur les enregistrements. Il ne se frappe plus la tête. (...) On va l'envoyer directement au centre hospitalier. »

Le lieutenant Sylvain Fournier, directeur du poste de la Sûreté du Québec de la MRC Papineau, a rappelé au juge Maurice Parent que le Rockfest représentait une charge de travail particulière pour ses hommes.

M. Rompré et des amis se rendaient à Montebello pour assister au Rockfest. La collision est survenue à 17 h 30.

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