Un groupe de l'Outaouais menace ouvertement les homosexuels

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Les membres du groupe homophobe posent fièrement, masqués d'un bandeau, sur Facebook.

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Un groupe de jeunes hommes de l'Outaouais porte fièrement des chandails sur lesquels on peut lire que les homosexuels seront tués s'ils les approchent.

Le groupe homophobe s'affiche, et ses membres posent fièrement, masqués d'un bandeau, sur Facebook.

Samedi, une femme a aperçu certains d'entre eux à la Ferme Saunders, à Ottawa. L'internaute Whitney Martin a photographié le chandail noir sur lequel il est écrit en violet : « ATG (Anti Gay) ; If you are gay, don't approach me. I'll kill you ».

« Notre groupe était consterné », écrit la femme sur Facebook.

La direction de la Ferme Saunders a été informée de la présence du groupe.

« Nous avons immédiatement montré le chandail à un employé et il nous a dit qu'il informerait la police, raconte Mme Martin. Lorsque nous les avons revus, nous étions à côté d'agents de police, alors nous leur avons pointé les chandails. »

Un des jeunes aurait lancé aux clients : « Bel essai avec la police. »

Un des membres du groupe ATG, Julien Clément,... (Facebook) - image 2.0

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Un des membres du groupe ATG, Julien Clément, du secteur Buckingham, affiche fièrement son message sur son profil Facebook.

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De son côté, l'agent relationniste de la police d'Ottawa, Marc Soucy, indique qu'une enquête est ouverte, sans donner plus de détails. Les autorités n'ont pas précisé en quel type d'accusation pouvait déboucher la plainte faite samedi, mais il pourrait s'agir d'incitation à la haine ou de menaces. « Tout ce qu'on peut dire pour l'instant, c'est qu'il y a une enquête », a répété l'agent Soucy.

Un des membres du groupe, Julien Clément, du secteur Buckingham, possède deux profils sur Facebook. L'un porte son nom et l'autre est inscrit d'une mention supplémentaire « ATG », comme d'autres de ses amis sur le réseau social.

Deux versions en une journée

Mardi soir, le réseau CTV s'est entretenu avec deux membres du groupe homophobe.

Julien Clément a dit au réseau anglais qu'il n'avait pas d'excuses à présenter. « Genre, je déteste les gais pour vrai, c'est comme... », a-t-il expliqué en début de reportage.

Son acolyte, Yan Miller, a précisé sa pensée. « J'aime pas les gais. Je ne suis pas homophobe, je n'ai pas peur d'eux. »

Mercredi matin, le jeune homme n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

Plus tard, Julien Clément a dit à Radio-Canada que l'histoire était allée trop loin. Il a nié avoir quoi que ce soit contre les homosexuels, en précisant avoir voulu faire une blague. Les comportements des homosexuels seraient toutefois contraires à ses valeurs religieuses. « Je réalise aujourd'hui qu'on est en 2016, je regrette d'avoir dit ça, que je déteste les gais. Je voulais m'excuser », a-t-il expliqué à Radio-Canada.

En milieu d'après-midi, M. Clément a changé sa photo de profil pour celle du drapeau de la fierté gaie. Puis, en fin de journée, il a complètement épuré sa page Facebook de toute référence au groupe ATG.

De son côté, la police de Gatineau dit être au courant de la situation. Même s'il s'agit de Gatinois, les événements controversés ont été rapportés à Ottawa.

« C'est un discours haineux », dénonce Whitney Martin. Ce sont des menaces de tuer une personne selon son orientation sexuelle. »

Lakers

Ironiquement, le lettrage des chandails du groupe ATG est violet, l'une des huit couleurs du drapeau de la fierté gaie. De la même couleur, la casquette du club de basketball des Lakers de Los Angeles, que porte M. Clément sur la photo prise à la Ferme Saunders, fait partie de la récente histoire des victoires de la communauté gaie.

En septembre dernier, Jason Collins, un centre des Nets de Brooklyn, est devenu le premier joueur ouvertement gai à jouer dans un des quatre sports majeurs professionnels en Amérique du Nord. Il a aidé son équipe à battre les Lakers de Los Angeles sous une pluie d'applaudissements.

La vedette des Lakers, Kobe Bryant, avait salué le courage de son adversaire. « Son impact est plus grand que ce que les gens pensent. Vous le regardez dans un contexte où il est le premier joueur ouvertement gai. Mais on oublie l'effet domino qui va au-delà du sport, a-t-il commenté à 'Yahoo! Sports'. C'est fantastique. C'est un incroyable précédent. »

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