Coupable d'avoir tué son oncle à coups de brique

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Un ouvrier a appelé les services d'urgence en faisant la macabre découverte au sous-sol du 576, rue Pierre-Lafontaine.

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Une brique a servi d'arme à Richard Bisson, un toxicomane qui a tué son oncle Yvon Normand dans sa résidence en rénovation le 11 novembre 2013.

Lundi matin, le neveu de 42 ans a plaidé coupable du meurtre non prémédité de son oncle, un employé du corps des commissionnaires qui travaillait à Place du Portage, à Gatineau.

Richard Bisson a pris le chemin du pénitencier pour le restant de ses jours, sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Selon la preuve lue par le procureur de la Couronne, Me Sylvain Petitclerc, Richard Bisson recevait de l'aide de son oncle, qui tentait de «le remettre dans le droit chemin», loin des drogues qui devenaient de plus en plus dures.

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La victime, Yvon Normand

Une chicane a éclaté dans la maison de la victime, alors en rénovation. Richard Bisson a empoigné une brique et a asséné un premier coup à la tête de sa victime, qui lui avait tourné le dos pour descendre au sous-sol du 576, rue Pierre-Lafontaine, dans le secteur Gatineau.

Selon l'accusé, M. Normand se prêtait à des contacts sexuels à son endroit lorsqu'il était plus jeune. «C'est ce qui aurait été le sujet de dispute et (l'aurait) amené à poser ces gestes», a dit Me Petitclerc, lundi. La soeur de la victime, Thérèse Bisson, ne croit pas l'accusé.

Un ouvrier a appelé les services d'urgence en faisant la macabre découverte à 9h11, le 11 novembre 2013. 

«La présence de contact de sang de la victime est comptée sur chaque marche, a résumé Me Petitclerc. Puis, il y a une grande marre de sang au bas de l'escalier.»

Le meurtrier aurait aussi voulu asphyxier sa victime. Des marques ont été observées au cou de M. Normand.

Dans le sous-sol, le tueur a tiré sa victime dans une chambre pour le frapper à nouveau. Il a dissimulé le corps, et tenté de faire de même avec ses vêtements et ses bottes.

La famille savait que les deux se voyaient régulièrement. Yvon Normand tentait d'aider le jeune, dont la mère - la soeur de la victime - était décédée.

Pris en filature

La police de Gatineau a aperçu Richard Bisson le jour de la macabre découverte, à 13h50. La police de Gatineau l'a pris en filature. Elle a vu Bisson quittant un appartement de la rue Lapointe, où se trouvait la voiture de son oncle.

L'accusé, Richard Bisson, lors d'une visite au palais... (Etienne Ranger, Archives LeDroit) - image 3.0

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L'accusé, Richard Bisson, lors d'une visite au palais de justice en mai 2014

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Du sang de la victime a été retrouvé dans la voiture.

Les policiers découvriront plus tard des marques de sang sur la clé de voiture de la victime, ainsi que sur plusieurs de ses vêtements. De l'ADN du suspect a été retrouvé un peu partout. Les cartes bancaires de M. Normand ont été utilisées par son tueur, avant et après le décès de la victime.

Dans cette même journée, le suspect s'est rendu chez un prêteur sur gages et une bijouterie pour vendre des bagues.

L'avocate de la défense, Nathalie Tremblay, a expliqué brièvement que son client avait de sérieux problèmes de consommation de drogue, mais qu'il n'en avait pas repris depuis son incarcération. Les deux parties ont proposé conjointement la sentence au juge Marc David.

Une famille doublement éprouvée

«On se retrouve avec la perte de notre frère et la perte d'un neveu aussi.»

Thérèse Bisson résume ainsi le drame qui afflige sa famille depuis le 11 novembre 2013, jour où son frère Yvon Normand a été retrouvé battu à mort dans sa résidence de Gatineau. Pendant six mois, la famille ne savait pas vraiment qui avait tué Yvon. Un doute persistait sur un des leurs, mais la police de Gatineau ne pouvait rien confirmer. Puis, le 13 mai 2014, Richard Bisson a été arrêté par la police de Gatineau pour meurtre non prémédité.

M. Bisson est le neveu d'Yvon Normand et de Thérèse, qui est la soeur de la victime. «C'est toujours dur, mais ça aurait été plus facile à vivre (si le tueur était un étranger)», a dit cette dernière, à sa sortie de la cour, lundi.

Thérèse Bisson ignore si elle pardonnera un jour. «Je suis désolé des gestes que j'ai pu faire, a dit le meurtrier, dans le box des accusés. C'était pas voulu.»

Richard Bisson a déjà affirmé que son oncle l'avait agressé sexuellement dans le passé. «Je ne crois pas à ça, dit sa tante. On n'est pas porté à revenir chez son abuseur plusieurs fois. Quand sa conjointe (à l'accusé) le mettait à la porte, il allait voir mon frère. Il n'y a aucune preuve que mon frère est un abuseur.»

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